Quand la neige ne ment plus.

Les stations de ski des Vosges ferment les unes après les autres. La réalité est cruelle, mais elle a le mérite d’être têtue. Les imprécations, les cris d’orfraie, les contre-vérités et les affirmations gratuites des opérateurs soutenus par des élus sourds aux faits n’y changeront rien. Quand il n’y a plus de neige, il n’y en a plus.

Après Ventron, dont l’activité de ski alpin a été arrêtée en 2020, du fait notamment des « évolutions climatiques », selon l’exploitant cité alors par l’AFP, après les remontées de Retournemer, à l’arrêt depuis 2005 et démontées en 2024, après le Tanet, laissé sans ski alpin à partir de l’hiver 2024-2025, après le Gaschney, dont la fin du ski alpin a été actée en 2025, c’est désormais le Lac Blanc qui annonce la fin de l’exploitation de ses remontées mécaniques à compter de la saison 2026-2027. Le Lac Blanc, ce n’était pas un vague tire-fesses oublié derrière une haie de sapins. C’était l’une des stations emblématiques du versant alsacien, avec environ 14 km de pistes alpines et sept remontées mécaniques.

La liste s’allonge. Rouge-Gazon n’est pas officiellement à ranger dans les fermetures définitives à ma connaissance, mais la liquidation judiciaire de l’exploitant des téléskis en octobre 2025, puis la suspension préfectorale de l’exploitation des remontées mécaniques en avril 2026, disent assez la fragilité du modèle. Gérardmer n’en finit plus d’agoniser et ajoute à chaque saison un déficit au précédent….

Le filon blanc s’épuise. Les canons à neige, les éléments de langage, les brochures quadrichromie et les promesses de « diversification » n’y changeront rien. Météo-France rappelle que le changement climatique se traduit directement par une diminution de l’enneigement naturel, avec des conséquences sur la faune, la flore, les ressources en eau, les paysages et les activités économiques dépendantes de la neige. DRIAS souligne que cette évolution est particulièrement sensible en moyenne montagne, avec davantage de pluie en hiver et une fonte plus rapide du manteau neigeux.

Le rapport de la Cour des comptes de février 2024 est venu mettre les mots administratifs sur ce que chacun peut voir depuis les crêtes. Le modèle économique des stations de montagne est durablement affecté par le changement climatique, et les politiques d’adaptation ne sont pas à la hauteur des enjeux. La Cour recommande notamment de conditionner les financements publics à de véritables plans d’adaptation. Autrement dit, l’argent public ne doit plus servir à repeindre en vert les ruines d’un modèle déjà condamné par la température.

Mais voilà que, dans le même mouvement, on nous explique qu’il faut « rebondir ». Le ski disparaît ? Qu’à cela ne tienne, on fera monter les vélos par télésiège, on creusera des pistes de descente, on installera des luges d’été, on vendra de l’adrénaline, de la vitesse, du frisson, de la glisse sèche. La montagne ne sera plus une montagne, elle deviendra un support, un décor, une surface disponible. Le sapin tiendra lieu de mobilier. La pente deviendra infrastructure. Le silence sera remplacé par le cliquetis des équipements, les cris de la consommation joyeuse et la grande petite musique du tiroir-caisse.

Ce que les opérateurs appellent « quatre saisons » n’est trop souvent que la continuation du même modèle par d’autres moyens. On ne quitte pas la dépendance au ski pour retrouver la montagne, on quitte la neige pour artificialiser l’été. La montagne n’est plus approchée comme un milieu vivant, fragile, complexe, mais comme une machine à occuper les corps et à vider les cerveaux. Le client doit être distrait, déplacé, suspendu, projeté, chronométré, secoué. Il ne faudrait surtout pas qu’il s’arrête. Il risquerait de regarder. Pire, de penser.

Les conséquences sont multiples. Les bike parks et pistes de descente impliquent souvent terrassements, défrichements, compactage des sols, ouvrages de drainage, virages relevés, ruptures de pente, circulation concentrée sur des secteurs fragiles. Les impacts dépendent évidemment des sites, des tracés, des périodes et de l’intensité de fréquentation, mais la littérature sur les sentiers VTT rappelle que la création de nouvelles pistes peut entraîner défrichement, fragmentation d’habitats, compactage et érosion des sols. L’OFB rappelle plus largement que les activités de plein air troublent la quiétude des milieux naturels par le bruit, le piétinement et le dérangement des espèces.

À cela s’ajoutent les routes, les parkings, les navettes, les consommations d’énergie, les réseaux, les bâtiments d’accueil, la signalétique, la publicité, l’appel d’air permanent vers toujours plus de fréquentation. Car une activité « quatre saisons » doit être rentabilisée quatre saisons. Ce qui était autrefois présenté comme une adaptation devient une fuite en avant. Puisque l’hiver ne rapporte plus assez, faisons cracher l’été, puisque la neige disparaît, pressons la montagne autrement.

Le plus grave est peut-être là : dans cette transformation culturelle. Jamais la société des loisirs et de l’aliénation de masse n’a connu un développement aussi rapide. Pour nombre de décideurs, peu importent les conséquences sur la nature, les paysages, les sols, l’eau, la faune, la flore, la tranquillité des habitants ou l’expérience simple de celles et ceux qui viennent chercher dans la montagne autre chose qu’un parc d’attractions. Il faut offrir, ou plutôt vendre, de quoi annihiler ce qui reste de capacité de réflexion dans le cerveau de nos contemporains. Rien n’est plus efficace, pour cela, que de flatter les instincts primaires et de satisfaire ce que la publicité leur fait prendre pour leurs désirs les plus impérieux.

Il faut du « fun », du « ludique », du « sensationnel », du « waouh ». Ce vocabulaire d’agence de communication a remplacé les mots simples : beauté, silence, lenteur, contemplation, respect. On ne marche plus : on consomme un parcours. On ne regarde plus, on coche un point de vue. On ne rencontre plus un paysage, on l’utilise comme arrière-plan de soi-même. La montagne devient décor pour narcissismes pressés.

On nous dira que ces activités créent de l’emploi. L’argument est connu. Il mérite toujours d’être examiné, mais il ne peut plus servir de talisman pour justifier n’importe quoi. Une économie qui détruit les conditions mêmes de ce qui l’a rendue possible n’est pas une économie d’avenir ; c’est une économie de liquidation. Elle vend aujourd’hui le paysage qu’elle rendra invendable demain. Elle transforme le commun en produit, puis s’étonne que le produit s’use.

La fermeture du ski au Lac Blanc devrait être un moment de lucidité collective. Non pas pour remplacer mécaniquement les skis par des vélos, les flocons par des rails, les remontées hivernales par des remontées estivales. Mais pour poser enfin les questions que les élus et opérateurs évitent soigneusement : quelle montagne voulons-nous ? Une montagne vivante ou une zone de loisirs ? Un espace de respiration ou un centre commercial en pente ? Un massif protégé ou une addition d’attractions saisonnières ?

La suite de l’histoire n’est pas écrite dans ses détails. Je ne sais pas quand les grandes stations vosgiennes encore en activité atteindront leur point de rupture. Mais la trajectoire générale, elle, est parfaitement lisible. Le ski alpin de moyenne montagne est entré dans une crise structurelle. Le nier, c’est perdre encore du temps, encore de l’argent public, encore des hectares de nature.

Il est temps de cesser de courir après la neige disparue et les clients rêvés. Il est temps de rendre à la montagne ce qui lui appartient, le silence, les sols, les forêts, les chaumes, l’eau, la lenteur, l’horizon. Le Massif des Vosges n’a pas besoin d’un nouveau maquillage touristique. Il a besoin d’un changement de civilisation miniature, ici, maintenant, à hauteur de sapin.

Et si l’on veut vraiment parler de transition, alors commençons par cette phrase simple : la montagne n’est pas un parc d’attractions. Elle n’a pas à être rentable pour mériter d’exister.

Le 04 Juillet 2026, Dominique HUMBERT-BERETTI

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FAUX et USAGE de FAUX

Claude Eckhardt, alpiniste chevronné, militant historique du Club alpin et infatigable défenseur d’une montagne vivante, a rejoint SOS Massif des Vosges dès sa création. Il signe ici un texte vif et salutaire sur le détournement des mots. De la “neige de culture” à la “tyrolienne”, de la “pleine nature” au “ski-alpinisme” de pacotille, il démonte avec précision et ironie ces appellations flatteuses qui maquillent l’artifice, le commerce et l’équipement en valeurs nobles. Un appel à rendre aux mots leur sens, et à la montagne sa dignité.

FAUX et USAGE de FAUX

MAUX DE MOTS

On en est bien conscient : nous vivons dans un monde, disons de ‘Fakes’, pour employer ce terme anglais : ça fait plus moderne. Fake News, bien sûr, à la pelle, en continu et largement diffusés. Mais aussi Fake Words : il s’agit de termes d’un certain prestige, désignant en principe des éléments de valeur, estimés, mais termes utilisés aussi sans vergogne pour des choses ou activités bien différentes, voire même contradictoires, afin de promouvoir celles-ci en les parant ainsi des ‘plumes du paon’, et les vendre pour ce qu’elles ne sont pas. L’inconvénient est que le public finit par oublier la signification réelle de ces mots et surtout les vraies valeurs dont ils sont porteurs.

N’a-t-on pas vu la filiale française d’une chaîne mondiale de restauration industrielle tenter de se revendiquer partie prenante lorsque la gastronomie française a été inscrite par l’Unesco au Patrimoine Culturel Immatériel !…

Citons quelques autres exemples de ce type d’esbroufe.

La montagne, c’est en hiver la pureté de l’air, la blancheur des espaces spectaculaires : alors les stations de ski n’aiment bien entendu pas insérer l’adjectif ‘artificiel’ dans leur vocable promotionnel. On vante donc une ‘neige de culture’ qui n’est en réalité ni de la neige, ni, encore moins, produit de culture : Ce que crachent sous pression les ‘enneigeurs’, ce sont des grains de grésil, amorphes et compacts, et non de structure dendritique telle que les flocons de vraie neige. La différence se remarque d’ailleurs immédiatement en skiant sur les pistes ainsi garnies.

Mais surtout le terme de ‘culture’ est scandaleux : car par essence même, et dans tous les domaines (agricole, scientifique, littéraire, artistique, technique, historique et autres), la culture résulte d’un processus de gestation, de maturation, d’accumulation progressive de substance, d’information, d’expériences, prenant forcément du temps, et croissant avec celui-ci. C’est-à-dire exactement au contraire de la formation instantanée des grains de grésil au sortir des buses.

Comme l’écrivait un auteur : ‘qualifier cette neige tout bonnement d’artificielle, est-ce péjoratif ? Non, simplement honnête. Alors respectons ainsi le sens des mots, faisant preuve d’un minimum de … culture’.

Quant à la nature, voire la ‘pleine nature’ selon l’expression absurde (‘c’est celle qui est vide de sens’ écrivait le même auteur), on la trouve à toutes les sauces : tonitruants engagements de préservation vite oubliés, espaces verts, jardinés, activités et espaces ludiques ou sportifs équipés en plein air, parcs proclamés naturels, qui ne sont qu’affichage abusif par rapport à la définition du terme. Tout comme la santé (= absence de mal) la nature se définit en creux : milieux non artificialisés, ou selon le Prof. Terrasson, ne résultant pas de la volonté de l’homme. Loin de leur mission légale initiale, des Parcs dits Naturels -en particulier Régionaux- sont en fait devenus des gestionnaires d’espaces mécanisés ou d’activités motorisées, de rassemblements événementiels à lourds impacts, légèrement déguisés par quelques petites zones ou mesures de préservation, du moins affichées. Même de dévoués et sincères protecteurs en arrivent parfois à donner un mauvais signal en parlant de ’nature sauvage’, alors qu’un espace non sauvage n’est simplement pas de la nature. Ils font le jeu de ceux vendant comme ‘nature’ le moindre espace un peu verdoyant ou activité de plein air ! On en oublie du coup ce qu’est la vraie nature et ses merveilles.

Et l‘Aventure ? Ah l’Aventure, avec un grand ‘A’ car psychologues, sociologues et autres ‘logues’, nous expliquent que c’est un besoin fondamental de l’être humain que de se confronter à des situations ou des espaces inconnus, de faire face par soi-même à l’imprévu. Qui dit besoin, pense aussitôt haute valeur marchande : on va lui en vendre, de l’aventure ! Mais pour attirer la clientèle la plus vaste, on va limiter l’initiative du client essentiellement à s’inscrire et payer ; tout le reste est hyper- organisé, sécurisé. Quelle ‘aventure’ que ces voyages qualifiés ainsi, où l’incertitude la plus angoissante est la livraison ponctuelle de sa valise à l’aéroport d’arrivée. Les soi-disant ‘Parcs d’aventure’ aussi se multiplient, où en réalité rien n’est plus sécurisé, normé, standardisé, contrôlé que ces terrains et structures de jeux. Soit le contraire même de la notion d’aventure affichée !

C’est en 1906 que le guide du Süd-Tirol Tita Piaz a atteint par une manoeuvre audacieuse la cime jusqu’alors inviolée d’une impressionnante aiguille Dolomitique au-dessus de Misurina, baptisée alors Guglia De Amicis : il lança depuis le sommet voisin une corde par-dessus celui de la Guglia, puis s’y suspendant par pieds et mains, il ‘rampa’ tête en bas pour rejoindre ainsi la cime convoitée. Cette technique reprise parfois avec quelques variantes fut, vu la référence, baptisée ‘tyrolienne’ (‘piazzare una tirolese’). Elle exige expérience des structures rocheuses et du maniement de la corde, réflexion, courage et force physique du fait de la flèche que décrivent forcément les cordes, avec une deuxième partie du parcours en remontée ‘généralement pénible’ (Manuel CAF II p 165). Au cours d’une ‘carrière’ d’alpiniste de plus de 60 ans, il ne m’est arrivé qu’une seule fois de faire vraiment appel à cette technique, en plus de 1 ou 2 exercices-tests sans ‘lancé de corde’, ayant soigneusement fixé auparavant les deux extrémités du dispositif.Malheureusement, la désignation de cette technique exigeante et gratifiante a été complétement sacrifiée sur l’autel de l’esbroufe commerciale : les promoteurs ont réussi à dérober la dénomination et à faire considérer comme tyroliennes des installations artificielles fixes, en gros câbles métalliques solidement ancrés où, par des poulies, l’on envoie glisser des clients. Ce ne sont que des téléportés, des télésièges exactement, où les clients sont arrimés sur le siège ou sanglés dans un harnais, et la force motrice est simplement l‘attraction terrestre, le parcours partant d’une position haute vers une arrivée bien plus bas. L’unique contribution active du client est d’acheter son ticket. C’est ainsi qu’un concept demandant intelligence du terrain et technique, ainsi qu’engagement hautement responsable, est totalement dépouillé de ces caractéristiques lors de l’utilisation fallacieuse de cette dénomination pour un manège de foire, de plus impactant de façon permanente par ces câbles fixes les oiseaux et des paysages qui sinon seraient le plus souvent attrayants.

On pensait que la glorieuse étiquette ‘alpinisme’ ne pourrait plus être collée sur n‘importe quoi après son inscription par l’Unesco au Patrimoine Culturel Immatériel de l’humanité, en tant que « l’art de gravir parois et sommets par ses propres capacités physiques, techniques et intellectuelles ». La Fiche descriptive précisant même « en milieu non artificialisé ». Raté : un maire et des guides n’ont pas hésité à garnir à demeure – illégalement d’ailleurs – la voie la plus usitée du Mont-Blanc de pieux et corde à noeuds pour vendre l’ascension du Mont Blanc, symbole de l‘alpinisme, à une clientèle de touristes même pas capables de marcher en sûreté avec crampons. Revendiquer la réussite de certaines ascensions qui étaient magnifiques n’a plus de sens sur maints sommets -y compris des plus réputés- dégradés par des équipement fixes tels que pieux, cordes ou câbles. Quant à l’activité ‘Via Ferrata’, certes amusante, parfois impressionnante voire athlétique, et bien, malgré la définition très claire validée lors de l’inscription par l’Unesco, certains aimeraient la faire passer pour de l’alpinisme, alors qu’elle en est de toute évidence exactement le contraire !

L’esbroufe a été portée au pinacle par la compétition intitulée en Français ‘ski-alpinisme ‘ aux Jeux Olympiques d’hiver 2026 en Italie. Qui consista, sur piste bien damée et entre rambardes en ferraille, en une courte montée à toute allure d’une pente et des escaliers puis descente sur piste banale. Appeler cela ski-alpinisme est plus qu’affligeant, révoltant. Selon le guide A. Prince, « à inscrire au Patrimoine Mensonger de l’Humanité ». D’ailleurs il y a totale inadéquation entre les fondements même du ski-alpinisme et le mode opératoire de courses, toutes spectaculaires fussent-elles. En particulier l’hyper sécurisation des parcours, la responsabilité totale reposant sur les épaules de l‘organisateur, le tracé obligatoire de la piste et autres choix excluant toute initiative du coureur, sont en complète contradiction avec ce qui fait précisément la valeur extraordinaire de l’alpinisme. Et pourtant la dénomination de Compétitions de Ski de Montagne (ou aussi ‘RandoSki ou Alpiski) ne fut, en Français, pas respectée, les promoteurs d‘événements -à forts supports commerciaux ou de publicité touristique il est vrai- reprenant inutilement et sans vergogne la terminologie plus glorieuse mais trompeuse de ‘ski-alpinisme’ ! L’utilisant même pour la pitoyable mascarade, totalement indigne des Jeux Olympiques mêmes et, encore bien plus, de l’alpinisme !

Alors, face au raz de marée à l’efficacité redoutable des moyens de communication, comment ne pas être submergés par le tsunami des ‘fakes’, ceux des informations mais aussi ceux de mots. Or « l’enjeu des mots est énorme » (Kamel Daoud : ’Avant qu’il ne soit trop tard’). Galvaudés, dévoyés pour promouvoir le plus souvent des gadgets commerciaux, c’est en fait ce que, initialement, ils désignent réellement qui, dans l’esprit des gens, perd toute sa valeur, souvent inestimable.

Claude Eckhardt                                             Mars 2026

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6 juin 2026 à Gérardmer, enterrement symbolique de la Montagne

Nous l’avions annoncé : l’action symbolique initialement prévue le 8 mai à Gérardmer n’était pas abandonnée, mais reportée. Nous vous donnons donc un nouveau rendez-vous :

 

 

Samedi 6 juin 2026à 10h00 à Gérardmer
place des déportés

Nous nous retrouverons pour l’enterrement symbolique de la montagne, afin d’alerter publiquement sur la transformation progressive du massif vosgien en terrain de loisirs motorisés.
Un cortège funèbre accompagnera le cercueil du défunt accompagné du silence, de la tranquillité, de la vie sauvage, de la montagne habitée et préservée.
Cette mise en scène, grave et légèrement ironique, veut dire simplement ce que beaucoup pensent déjà : la montagne n’est pas un circuit, les habitants ne sont pas condamnés à subir le vacarme, et la vie sauvage n’a pas vocation à battre en retraite devant les moteurs.
Nous appelons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans ce combat à nous rejoindre : habitants, signataires de la pétition, sympathisants, amoureux du massif, randonneurs, naturalistes, élus attentifs, simples citoyens attachés au silence des forêts et à la dignité de nos montagnes.
Venez à pied ou à vélo, vêtu de noir, ou avec un signe de deuil : brassard, fleur, pancarte, ruban, couronne funéraire,… Chacun peut apporter sa présence, son imagination, son calme et sa détermination.
À l’issue du cortège, l’oraison funèbre de la montagne sera lue sur la place de l’église. Elle sera suivie d’un forum d’échange ouvert, sur les gradins de la place, afin que chacun puisse prendre la parole, témoigner, proposer, questionner, et contribuer à la suite de cette mobilisation.
Ce moment ne sera pas seulement une protestation. Il sera aussi un temps de rencontre, de construction collective et de parole partagée.
Nous avons besoin de vous pour donner de la force, de la visibilité et de la dignité à cette action.

 Rendez-vous Samedi 06 juin à Gérardmer
À 10h00 place des déportés
(devant l’office de tourisme)

le cortège empruntera ensuite la rue François Mitterrand, la rue Charles De Gaulle (toutes deux piétonnes) et se terminera place de l’église ou seront lu le rapport du médecin légiste, et l’oraison funèbre. Un forum d’échange sur les gradins de la place clôturera ce rassemblement.

Plus nous serons nombreux, plus le message sera clair.

Merci de faire circuler cette invitation autour de vous.
Vous pouvez toujours signer la pétition sur ce lien  


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Grand Tétras dans les Vosges : trois associations engagent la responsabilité du Parc naturel régional des Ballons des Vosges

Grand Tétras : la responsabilité du Parc désormais engagée.

Le Parc naturel régional des Ballons des Vosges n’est plus seulement interpelé comme porteur d’un projet contesté. Il est désormais mis en cause comme responsable.

Le 30 avril 2026, les associations SOS Massif des Vosges, Vosges Nature Environnement et Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne, par l’intermédiaire de leur avocat, Maître Picoche, ont adressé au Parc naturel régional des Ballons des Vosges une demande préalable visant à rechercher sa responsabilité dans la mise en œuvre et la poursuite du programme de réintroduction du Grand Tétras. Cette démarche pourrait ouvrir la voie, en cas de refus ou d’absence de réponse, à un recours contentieux devant le tribunal administratif.

Jusqu’ici, les procédures engagées visaient principalement l’arrêté préfectoral autorisant cette opération. Cette fois, le cœur du débat se déplace : il ne s’agit plus seulement de contester une décision de l’État, mais d’interroger la responsabilité propre du Parc, en tant que maître d’ouvrage du programme et acteur central de la politique de protection de la biodiversité dans le massif vosgien.

Les associations demandent notamment la réparation de leur préjudice moral, la reconnaissance d’un préjudice écologique lié au décès des oiseaux capturés puis relâchés, ainsi que l’arrêt du programme de réintroduction du Grand Tétras.

À nos yeux, ce recours dépasse toutefois le seul dossier du Grand Tétras. Il pose une question plus large, plus grave, presque plus nue : à quoi sert un Parc naturel régional s’il accompagne, tolère ou soutient des dynamiques qui fragilisent les milieux qu’il est censé protéger ?

Car le Grand Tétras n’est pas seulement un oiseau. Il est devenu le révélateur d’un système. Celui d’un massif où l’on prétend restaurer le sauvage tout en laissant se développer la pression touristique, la pénétration des espaces sensibles, les équipements de loisirs, les ouvertures précoces de routes d’altitude, les projets augmentant le dérangement et la banalisation des milieux.

Le Parc a pour mission de protéger les paysages, le patrimoine naturel et culturel, notamment par une gestion adaptée. Or les associations estiment qu’en poursuivant un programme de réintroduction dans un milieu dont les conditions fondamentales n’ont pas été rétablies, le PNRBV a failli à cette obligation de cohérence écologique.

Le recours rappelle notamment que les instances scientifiques consultées avaient alerté sur le caractère prématuré du projet, sur l’insuffisance des conditions nécessaires au rétablissement d’une population viable, et sur la nécessité de restaurer d’abord les écosystèmes avant d’envisager une réintroduction.

Les résultats connus à ce jour sont, selon les associations, accablants : mortalité massive des oiseaux capturés ou relâchés, incertitudes sur les survivants, absence de démonstration que les causes de disparition de l’espèce aient été corrigées. Le recours souligne que, pour les campagnes 2024 et 2025, la quasi-totalité, voire la totalité des oiseaux concernés seraient morts ou portés disparus.

Dans ces conditions, continuer reviendrait à transformer le Grand Tétras en symbole sacrificiel : un oiseau brandi comme preuve de vertu écologique, mais envoyé dans un territoire qui n’a pas retrouvé les conditions de son accueil.

Pour les associations signataires, la protection de la biodiversité ne peut pas être un décor de communication. Elle suppose des choix clairs : réduire réellement les dérangements, restaurer les habitats, protéger les zones de quiétude, limiter les pressions humaines, renoncer aux projets incompatibles avec la fragilité du vivant.

On ne sauve pas une espèce avec des communiqués, des balises GPS et des opérations spectaculaires. On la sauve en restaurant le silence, les forêts, les continuités écologiques, la patience du vivant.

Par cette démarche, les associations entendent donc rappeler une évidence simple : un Parc naturel régional ne peut pas se contenter de raconter la protection de la nature. Il doit l’assumer.

Et lorsqu’il ne l’assume pas, il doit pouvoir en répondre.

Le 03 mai 2026
SOS Massif des Vosges

Vosges Nature Environnement
Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne

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RD 466 au Ballon d’Alsace : quand l’État découvre la sécurité routière à la veille du Tour de France

Route du Ballon d’Alsace

Le 02 mai 2026
Tribune

Il aura donc fallu le passage du Tour de France pour que la sécurité de la RD 466, entre le lac d’Alfeld et le sommet du Ballon d’Alsace, devienne soudain une affaire urgente.

Depuis des années, chacun sait que les routes de montagne traversant des forêts présentent des risques : branches cassées, arbres dépérissants, chutes sur chaussée après coups de vent, neige lourde, sècheresses, affaiblissement sanitaire des peuplements. Ce risque n’a rien de mystérieux. Il n’est pas né avec la caravane du Tour. Il n’a pas surgi au détour d’un virage comme un sanglier pressé.

Il était connu.

Et pourtant, au lieu d’être traité régulièrement, calmement, chaque année, avec méthode, diagnostic précis, moyens adaptés et calendrier respectueux des cycles naturels, il a été laissé en suspens. Jusqu’au moment où une grande manifestation sportive, médiatique et politiquement visible, a transformé une question ancienne en urgence administrative.

C’est là que commence le problème.

Une sécurité à géométrie variable

Que des arbres puissent tomber sur une route de montagne en hiver, en automne, lors d’un épisode venteux ou après une période de sécheresse semble n’avoir guère suscité l’empressement des autorités.

Mais que cette même route doive accueillir le Tour de France, et soudain tout s’accélère. La sécurité devient impérative. Les délais deviennent contraints. Les responsabilités se déplacent. Les injonctions tombent. Et l’on découvre, comme par enchantement, qu’il faudrait couper vite, couper fort, couper maintenant.

Cette manière de faire pose une question simple : la sécurité des usagers ordinaires de la route vaut-elle moins que la sécurité d’un événement sportif international ?

Car si le risque était réel, et il peut parfaitement l’être, pourquoi n’a-t-il pas été traité avant ? Pourquoi la commune, qui avait alerté, n’a-t-elle pas reçu les réponses et l’accompagnement nécessaires ? Pourquoi a-t-il fallu que le Tour de France approche pour que les autorités exigent une sécurisation coûte que coûte ?

La sécurité publique ne devrait pas dépendre du calendrier des caméras.

Une urgence artificielle fabriquée par l’inaction

La réunion, visite de chantier, avec l’ONF et le maire de Sewen a permis de mieux comprendre l’enchaînement réel. Il ne s’agit pas d’une mairie décidant soudainement de massacrer une lisière forestière. Il ne s’agit pas non plus d’un ONF agissant seul, dans une logique purement forestière.

Ce qui apparaît, c’est une chaîne d’inactions, de silences et de reports, jusqu’au moment où l’État, par la voix préfectorale, impose la sécurisation dans l’urgence.

Et cette urgence n’est pas naturelle. Elle est administrative. Elle est événementielle. Elle est fabriquée par le défaut d’anticipation des autorités.

Le maire de Sewen, dernier maillon de la chaîne, se retrouve alors avec la responsabilité concrète du chantier, la pression de l’État, l’exposition publique, et la charge financière. La commune, qui avait pourtant alerté, doit se débrouiller. Et l’ONF, service gestionnaire, se retrouve sommé de mettre en œuvre une opération techniquement possible, mais écologiquement désastreuse par son calendrier.

On connaît cette vieille musique : les grands décideurs commandent l’orchestre, puis quittent la salle avant la fausse note.

Le scandale n’est pas seulement la coupe : c’est le moment choisi

Il faut être précis. Il ne semble pas exister, en soi, d’interdiction réglementaire absolue empêchant toute opération de sécurisation. La sécurité routière peut justifier des interventions. Personne ne conteste sérieusement qu’un arbre mort, instable, menaçant directement la chaussée, puisse devoir être abattu.

Mais ici, le scandale tient à autre chose : la réalisation d’une opération d’ampleur en pleine période de reproduction, dans un secteur d’une richesse écologique majeure.

Le communiqué des associations alsaciennes rappelle que le secteur concerné cumule plusieurs statuts de protection et d’inventaire : ZPS, ZSC, ZNIEFF de type 1, sites classés, proximité du lac d’Alfeld et du Ballon d’Alsace. Il souligne aussi la présence de vieux peuplements, d’arbres de gros diamètre, d’arbres à cavités, ainsi que d’espèces protégées : Chevêchette d’Europe, Chouette de Tengmalm, Pic noir, Pic cendré, chiroptères, amphibiens et reptiles.

Le document d’aménagement forestier de Sewen confirme lui-même la sensibilité du massif : la forêt communale est incluse dans les sites Natura 2000 “Vosges du Sud” et “Hautes Vosges, Haut-Rhin”, ainsi que dans le site classé du Ballon d’Alsace. Il indique également que les enjeux écologiques sont reconnus ou forts sur toute la forêt, avec 391 ha en enjeu écologique reconnu et 826 ha en enjeu écologique fort.

Dans ces conditions, intervenir au printemps, en pleine période de nidification et d’activité biologique, est une faute de calendrier. Même si l’opération est administrativement possible, elle est écologiquement indéfendable.

Ce n’est pas parce qu’une chose est permise qu’elle est intelligente. Le droit fixe un plancher ; il ne dispense pas de décence écologique.

L’État exige, la commune paie, la forêt encaisse

L’un des aspects les plus choquants de cette affaire est le transfert de charge vers la commune.

La mairie avait alerté. Elle n’a pas obtenu les réponses nécessaires. Puis, lorsque le Tour de France approche, les autorités découvrent l’urgence, imposent la sécurisation, mais laissent la commune assumer le coût de l’opération.

Ainsi se dessine une mécanique parfaitement injuste :

l’État impose l’urgence ;
les autorités départementales n’ont pas organisé le traitement régulier du risque ;
la commune se retrouve seule en première ligne ;
l’ONF exécute sous contrainte ;
la forêt paie le prix écologique ;
et les citoyens découvrent le chantier une fois les tronçonneuses en marche.

Cette chaîne de responsabilité doit être rendue visible. Car sinon, l’opinion publique ne verra que le maire, l’ONF et les arbres coupés. Elle ne verra pas l’arrière-plan : l’inaction préfectorale, le défaut d’anticipation, l’absence de stratégie départementale, le traitement événementiel d’un risque permanent.

Une vraie politique de sécurité aurait évité cette situation

Une route forestière de montagne ne peut pas être sécurisée tous les dix ans dans la panique, au rythme des grands événements sportifs. Elle doit faire l’objet d’un suivi régulier.

Cela suppose une méthode simple :

diagnostic annuel des arbres à risque ;
cartographie des secteurs sensibles ;
interventions légères et régulières hors période de nidification ;
traitement prioritaire des arbres réellement dangereux ;
maintien des arbres à cavités et des gros bois non menaçants ;
financement clair entre commune, département et État ;
information préalable des associations naturalistes dans les secteurs protégés ;
et, lorsque c’est nécessaire, fermeture temporaire de la route plutôt que coupe précipitée.

Ce traitement “au fil de l’eau” aurait permis d’éviter l’alternative absurde dans laquelle les autorités enferment maintenant tout le monde : ou bien on ne fait rien et l’on prend un risque, ou bien on coupe massivement au printemps dans un site écologique remarquable.

Cette alternative est fausse. Elle a été fabriquée par l’inaction.

La responsabilité du département doit être posée

La RD 466 est une route départementale. La question de son entretien, de sa sécurité, de la gestion des risques liés à son environnement immédiat ne peut pas être renvoyée uniquement à la petite commune forestière traversée.

Si les risques étaient connus, pourquoi n’ont-ils pas donné lieu à un plan pluriannuel de sécurisation ?
Pourquoi les moyens financiers n’ont-ils pas été prévus ?
Pourquoi la mairie a-t-elle été laissée seule ?
Pourquoi les travaux ne sont-ils déclenchés qu’à la faveur d’un événement comme le Tour de France ?

Le département ne peut pas regarder passer les coureurs, les caméras et les responsabilités en sifflotant sur le bas-côté.

Le préfet ne doit pas seulement ordonner dans l’urgence

La responsabilité préfectorale est également centrale. Le préfet représente l’État. À ce titre, il ne peut pas se borner à exiger une sécurisation lorsque l’échéance devient politiquement sensible.

S’il y avait danger, l’État devait s’assurer depuis longtemps que le risque était traité.
S’il y avait nécessité d’intervention, l’État devait aider à organiser une réponse compatible avec les enjeux écologiques.
S’il y avait urgence, l’État devait expliquer pourquoi elle n’avait pas été anticipée.

L’autorité préfectorale ne peut pas apparaître seulement au dernier acte, quand le décor est planté, les délais impossibles et les associations mises devant le fait accompli.

La sécurité ne se décrète pas au printemps parce que le Tour arrive en été. Elle se prépare. Elle se finance. Elle se planifie. Elle se discute.

Ne pas se tromper de cible

Il serait trop facile de faire porter toute la responsabilité à la commune de Sewen ou aux agents de l’ONF.

La mairie se retrouve dans une position intenable : alertes ignorées, pression préfectorale, coût à assumer, urgence à gérer, critiques publiques à encaisser. Quant à l’ONF, il est placé dans une situation contradictoire : répondre à une injonction de sécurité, tout en tentant de justifier écologiquement une opération dont le calendrier reste très difficilement défendable.

Cela ne signifie pas que tout choix technique serait acceptable. Cela ne signifie pas que les arbres coupés l’aient tous été à juste titre. Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas demander des comptes précis sur le martelage, les arbres à cavités, les diagnostics naturalistes, les volumes prélevés et les alternatives à l’abattage.

Mais le cœur politique de l’affaire est ailleurs : dans la façon dont les institutions supérieures créent les conditions d’une mauvaise décision, puis laissent les exécutants locaux en assumer les conséquences.

Ce que nous demandons

Il faut désormais sortir du bricolage administratif et de la sécurité de circonstance.

Nous demandons :

que soit établie la chronologie complète des alertes et des décisions ayant conduit à l’opération ;

que le préfet explique pourquoi cette sécurisation n’a pas été organisée plus tôt, hors période de reproduction ;

que le département précise sa responsabilité dans la sécurité de cette route départementale ;

que les coûts imposés à la commune soient clarifiés ;

qu’un plan annuel de sécurisation écologique des routes forestières de montagne soit mis en place ;

que toute intervention en site Natura 2000 ou en secteur à forte biodiversité fasse l’objet d’un calendrier évitant strictement la période de nidification, sauf danger immédiat démontré arbre par arbre ;

que les associations de protection de l’environnement soient associées en amont, et non invitées après coup à contempler les souches.

La montagne ne doit pas payer l’impréparation des institutions

L’affaire de la RD 466 révèle une dérive plus générale. On laisse vieillir les problèmes. On ignore les alertes locales. On refuse de financer les solutions régulières. Puis un événement médiatique arrive, et l’on transforme l’incurie accumulée en urgence absolue.

Alors, on coupe.

On coupe parce qu’il faut aller vite.
On coupe parce que le préfet exige.
On coupe parce que le Tour approche.
On coupe parce que plus personne n’a pris le temps de faire autrement.

Mais la forêt, elle, n’est pas responsable du calendrier institutionnel. Les oiseaux qui nichent ne sont pas responsables des silences administratifs. Les arbres à cavités ne sont pas responsables des alertes restés sans réponse. Et les petites communes de montagne n’ont pas à devenir les fusibles d’une politique publique qui ne sait agir qu’au pied du podium.

La sécurité des routes de montagne est une nécessité. Mais elle doit être pensée comme une politique publique permanente, sobre, anticipée, financée et écologiquement responsable.

Faute de quoi, chaque grande manifestation deviendra le prétexte à une nouvelle urgence. Et chaque urgence, le nom poli donné à ce que l’on aurait pu éviter.

Pour SOS Massif des Vosges
Dominique HUMBERT-BERETTI
Président

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Grand Tétras dans les Vosges : Quand la science dérange, faut-il la faire taire ?

Tribune

Dans le massif des Vosges, le programme de réintroduction du Grand Tétras suscite des interrogations croissantes. Au-delà des controverses scientifiques sur certaines méthodes expérimentales, une question plus fondamentale émerge : les conditions d’expression des avis indépendants sont-elles pleinement garanties ? Or, lorsque des acteurs engagés dans la protection de la nature en viennent à s’interroger sur les conditions dans lesquelles ils peuvent prendre la parole, un seuil est franchi.

Dans les Vosges, le Grand Tétras est en train de devenir autre chose qu’un oiseau.
Il est devenu un test. Un test de notre capacité collective à regarder la réalité en face ou à la contourner. Car derrière les communiqués rassurants et les images de nature restaurée,un malaise grandit.

Le projet de réintroduction du Grand Tétras accumule les fragilités : mortalité élevée des oiseaux relâchés, incertitudes scientifiques, absence de traitement des causes profondes du déclin. Ces causes sont pourtant connues et documentées : fragmentation des habitats, dérangement humain massif, déséquilibres écologiques…

Face à cela, certaines réponses proposées interrogent. L’usage d’effaroucheurs à ultrasons pour éloigner les prédateurs, par exemple, repose sur des bases scientifiques incertaines et comporte des risques pour d’autres espèces, notamment les chiroptères. Mais au-delà des choix techniques, un autre problème émerge, plus grave encore.

Dans certaines instances de concertation, la liberté de parole semble désormais sous tension.

Quand ceux qui sont chargés d’évaluer un projet commencent à s’interroger sur les conséquences de leur prise de position, ce n’est plus un débat scientifique. C’est un signal d’alerte démocratique.

La biodiversité ne se décrète pas. Elle ne se pilote pas à coups de dispositifs techniques improvisés ou de récits ajustés après coup. Elle exige une chose simple et exigeante : la confrontation honnête des faits. Or aujourd’hui, tout se passe comme si certaines conclusions devenaient difficiles à entendre. Comme si le doute scientifique, pourtant moteur du progrès, devenait un obstacle à contourner.

Quand la parole scientifique devient inconfortable, la tentation est grande de la marginaliser. Mais une politique de biodiversité qui redoute le débat est une politique déjà fragilisée.

Le Grand Tétras, dans cette affaire, n’est pas seulement une espèce en danger. Il est le révélateur d’un glissement plus large : celui d’une biodiversité instrumentalisée, sommée de produire des résultats visibles, quitte à simplifier, orienter ou précipiter les décisions.

Réintroduire une espèce sans restaurer les conditions de sa survie, c’est prendre le risque d’un échec annoncé. Mais empêcher ou contraindre l’expression de ceux qui le disent, c’est franchir une étape supplémentaire.

Ce n’est plus seulement la nature que l’on met en danger. C’est la capacité même à la défendre lucidement.

Dans le silence des forêts vosgiennes, une question demeure : veut-on vraiment sauver le Grand Tétras ou seulement donner l’illusion de le faire ?

Le 15 avril 2026 Dominique HUMBERT-BERETTI Président

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Route des Crêtes : quand l’État organise le dérangement qu’il prétend combattre

Second déneigement sans aucune utilité sinon celle d’offrir un circuit de vitesse à quelques motos !!!

Le 2 avril, la route des Crêtes rouvre. Autrefois, elle attendait le 1er mai.

Ce n’est pas un simple ajustement. C’est un signal politique.

Une décision assumée par les autorités
Cette réouverture anticipée ne tombe pas du ciel. Elle engage directement :

  • les services de l’État, sous l’autorité du préfet
  • les conseils départementaux concernés
  • les acteurs publics du tourisme

Tous savent. Tous ont été informés. Tous connaissent les enjeux liés à la période de reproduction du Grand Tétras. Et pourtant, tous valident.

L’argent public au service de l’absurde

Ces derniers jours, la montagne a parlé. La neige est revenue. Après un premier déneigement, les engins ont dû remonter. Une seconde intervention, en urgence, pour rouvrir coûte que coûte.

Deux opérations. Deux mobilisations. Deux dépenses d’argent public. Pour quoi ?

Pour forcer l’ouverture d’une route que les conditions naturelles ne rendaient pas encore praticable.

Il y a quelques années encore, cette route restait fermée jusqu’au 1er mai. Aujourd’hui, on paie pour accélérer les saisons.

Une stratégie touristique qui écrase tout

Pourquoi cette précipitation ? Parce qu’arrive le week-end de Pâques. Parce qu’il faut accueillir. Parce qu’il faut remplir. Parce qu’il faut faire venir. Le massif devient un produit. La montagne, une vitrine. Le calendrier naturel, une variable d’ajustement.

Et dans cette logique, tout doit céder : le silence la tranquillité les cycles biologiques

Le retour programmé du vacarme

Dès ce week-end, le scénario est connu. Pour peu que le soleil soit au rendez-vous, les motos reviendront. Nombreuses. Bruyantes. Souvent équipées de pots d’échappement modifiés.

Leur grondement montera des vallées, longera les crêtes, pénétrera les forêts.

Un bruit continu. Diffus. Inévitable.

Un bruit qui s’impose précisément là où le vivant tente encore de se maintenir.

Une contradiction politique majeure

Dans le même temps, l’État et le Parc naturel régional des Ballons des Vosges poursuivent un programme de réintroduction du Grand Tétras.

On mobilise des financements publics. On capture des oiseaux en Scandinavie. On communique sur la biodiversité. Mais les conditions indispensables sont connues : réduction du dérangement, limitation de la circulation, tranquillité des habitats. Or ici, la décision publique organise exactement l’inverse.

Le double discours institutionnel

D’un côté : on affiche des politiques de protection.

De l’autre : on prend des décisions qui les rendent inopérantes.

Ce n’est plus une incohérence. C’est un système.

Un système où : la biodiversité sert de vitrine, le tourisme dicte les choix, et les arbitrages se font toujours au détriment du vivant

Une responsabilité claire

Il ne s’agit pas d’un phénomène diffus ou incontrôlable. Il s’agit de décisions administratives et politiques : autoriser l’ouverture, financer le déneigement, ne pas réguler les usages motorisés, maintenir une fréquentation élevée.

Ces choix engagent directement les décideurs publics. Le Grand Tétras ne disparaît pas dans un vide. Il disparaît dans un paysage administré, organisé, planifié. Un paysage digne de Kafka, où l’on finance à la fois sa réintroduction et les conditions de son échec

À force de vouloir satisfaire tout le monde, tourisme, communication, fréquentation,
on finit par sacrifier l’essentiel.

Et ce sacrifice, lui, est silencieux.

SOS Massif des Vosges, le 31 mars 2026

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10 questions à Monsieur le Maire de Gérardmer sur le Rallye des Vosges

Monsieur le Maire,

1- Quel est le montant exact de l’ensemble des financements publics accordés au Rallye des Vosges (Région, Département, communes, intercommunalités) ?

2 – Comment justifier l’utilisation d’argent public pour une compétition automobile alors que les collectivités demandent aux citoyens de réduire leurs émissions de CO2 ?
3 – Une étude d’impact environnemental et sonore a-t-elle été réalisée concernant cette manifestation ? Si oui, peut-elle être rendue publique ?
4 – Le niveau sonore des voitures de rallye pouvant dépasser 100 décibels, comment les collectivités justifient-elles les nuisances imposées aux habitants et aux usagers du massif ?
(Source : OMS, Environmental Noise Guidelines for the European Region, 2018)
5 – Combien d’argent public est mobilisé indirectement pour cet événement à Gérardmer (sécurité, routes, logistique, personnels mobilisés) en plus des subventions directes ?
6 – La Région Grand Est s’est engagée dans des politiques climatiques. Comment le financement d’un rallye automobile est-il compatible avec ces engagements ?
7 – Les collectivités disposent-elles d’une évaluation sérieuse des retombées économiques réelles de cette manifestation pour le territoire ?
8 – Pourquoi soutenir financièrement une compétition automobile alors que de nombreuses initiatives sportives ou culturelles respectueuses de l’environnement manquent de financements ?
9 – Les habitants et les usagers du massif ont-ils été consultés sur l’organisation de cette manifestation et sur l’utilisation d’argent public pour la financer ?
10 – Dans un contexte de crise écologique, les collectivités envisagent-elles de mettre fin au financement public des compétitions automobiles sur le territoire ?

Question subsidiaire :

Est-il vraiment cohérent de financer avec de l’argent public un spectacle fondé sur la vitesse et la consommation de carburant, alors même que les collectivités demandent aux citoyens de faire preuve de sobriété énergétique ?

Le 09 mars  2026
SOS Massif des Vosges

Même les habitants du massif doivent se protéger.

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Pas un euro d’argent public pour le Rallye des Vosges


Même les habitants du massif doivent se protéger.

PÉTITION

Comme chaque année, cette manifestation bénéficie du soutien financier de collectivités publiques.
La ville de Gérardmer verse 10 000 € et la Région Grand Est apporte également une subvention (montant à confirmer).

Nous, signataires de cette pétition, demandons que plus aucun financement public ne soit accordé à ce type d’événement.

Une manifestation anachronique

À l’heure où chacun est appelé à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les consommations d’énergie et les nuisances environnementales, le Rallye des Vosges propose exactement l’inverse :

  • une exaltation de la vitesse et de la puissance mécanique
  • la promotion de véhicules extrêmement consommateurs d’énergie
  • des nuisances sonores massives dans des espaces naturels
  • la fermeture de routes publiques pour une activité de spectacle motorisé

Il s’agit moins d’un événement sportif que d’une vitrine commerciale pour l’industrie automobile et la culture de la performance mécanique.

Des nuisances pour les habitants et pour la nature

Ces rallyes entraînent :

  • des nuisances sonores importantes pour les riverains et les usagers du massif, pouvant atteindre 100 à 130 décibels
  • des perturbations pour la faune dans un territoire déjà soumis à une pression touristique très forte
  • la mobilisation de moyens publics (sécurité, logistique, routes) pour une activité de loisirs qui ne profite qu’à une minorité

L’argent public doit servir l’intérêt général

Dans un contexte de crise écologique et budgétaire, les collectivités devraient consacrer leurs ressources :

  • à la préservation des milieux naturels
  • à la transition écologique des territoires
  • à des activités sportives et culturelles respectueuses de l’environnement

Financer des compétitions automobiles est en contradiction totale avec ces objectifs.

Notre demande

Nous demandons :

  • La suppression de toute subvention publique directe ou indirecte au Rallye des Vosges et aux manifestations similaires.
  • La transparence complète sur les financements publics accordés à cet événement.
  • Une réorientation des budgets vers des initiatives respectueuses de l’environnement et de la tranquillité des habitants.

La montagne n’est pas un circuit automobile

Le massif vosgien est un patrimoine naturel commun.
Il n’a pas vocation à devenir le décor d’une exhibition motorisée célébrant la vitesse, la consommation et le gaspillage.

Nous appelons les collectivités à faire preuve de cohérence et de responsabilité.

Pas un euro d’argent public pour le Rallye des Vosges.

SOS Massif des Vosges


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Grand Tétras : Appel à mobilisation et soutien financier.

Appel à mobilisation et soutien financier :
Stoppons la réintroduction du Grand Tétras dans les Vosges !

Chers amis de la nature,

Une nouvelle campagne de captures en Norvège et de lâchers de 40 Grands Tétras dans le massif des Vosges est prévue par le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges entre avril et mai 2025. Malgré les avis scientifiques défavorables, une opposition massive du public et un taux de mortalité alarmant (78%) des oiseaux précédemment introduits, l’État persiste dans cette opération vouée à l’échec.

Face à l’urgence, nous avons déposé un nouveau référé suspension auprès du Tribunal administratif de Nancy pour obtenir l’arrêt immédiat de ce projet irresponsable. L’audience est prévue le mercredi 26 mars à 14h30.

Pourquoi nous opposons-nous à cette réintroduction ?

🔴 Des lacunes scientifiques majeures : aucune analyse sérieuse sur les causes réelles du déclin du Grand Tétras (déforestation, dérangement humain, changement climatique).
🔴 Un massacre programmé : la majorité des oiseaux relâchés ne survivent pas dans leur nouvel environnement.
🔴 Un impact écologique inconnu : l’usage d’ultra-sons pour effaroucher les prédateurs met en danger d’autres espèces protégées (lynx, loup, chauves-souris).
🔴 Un gaspillage d’argent public : des millions d’euros sont mobilisés alors que ces fonds pourraient être investis dans de vraies mesures de restauration des habitats naturels.

Nous avons besoin de vous !

Ce combat en justice représente un coût important pour nos associations (frais d’avocat, expertises, communication). Chaque don, même modeste, est essentiel pour nous permettre de défendre efficacement la biodiversité vosgienne.
Faites un don dès aujourd’hui et participez à la protection du Massif des Vosges !


Lien pour faire un don
Pas de réintroduction sans restauration du biotope
Vous pouvez également contribuer en envoyant un chèque à l’ordre de SOS Massif des Vosges à l’adresse suivante :
SOS Massif des Vosges 21, rue Erbersch – 68380 Mittlach

N’oubliez pas d’indiquer au dos du chèque : « Grand Tétras »


Ensemble, nous pouvons empêcher cette réintroduction absurde et préserver les Vosges pour les générations futures !

Merci pour votre soutien,
SOS Massif des Vosges, Vosges Nature Environnement, Oiseaux Nature, Avenir et Patrimoine 88, Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne

 

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Le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges est-il crédible ?

Communiqué

Le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges est-il crédible ?

Dans sa réponse au communiqué des associations, le directeur du Parc, avance plusieurs arguments qui méritent d’être examinés de près.

Des affirmations sans preuves
Il affirme que « 3 à 5 oiseaux autochtones pourraient encore être présents dans les Hautes Vosges », faisant écho aux déclarations de son Président le 19 février dernier. Celui-ci avait déjà évoqué, sans apporter la moindre preuve, une rencontre entre 3 Tétras norvégiens et 4 Tétras autochtones. Où et comment ? Mystère… Cette rencontre semble relever davantage du conte que de la réalité scientifique.

Une vision simpliste des causes de disparition
Le
Directeur déclare également que « les grands tétras ont été tués par des prédateurs, pas par le réchauffement climatique ». Une affirmation réductrice qui témoigne d’une compréhension incomplète des écosystèmes.

D’abord, il serait plus exact de parler de changements climatiques, et non seulement de réchauffement, tant les bouleversements en cours sont multiples. Ensuite, l’impact du climat ne se limite pas à un facteur isolé : il modifie en cascade les relations entre espèces, notamment entre prédateurs et proies. C’est ce que l’on appelle en écologie une cascade trophique. Nous invitons donc M. le Directeur à se renseigner sur ces dynamiques complexes avant d’avancer de telles conclusions.

Par ailleurs, si la prédation est identifiée comme la cause principale de l’échec de la réintroduction, alors pourquoi envisager de bientôt capturer et relâcher 4 à 5 fois plus d’oiseaux sur le même site, sans prendre la moindre mesure pour limiter cette prédation ? Le dossier du PNRBV affirmait pourtant que les causes de disparition du tétras avaient été résolues… Un mensonge manifeste.

Le prétexte de la prédation pour masquer les échecs
La disparition d’une espèce est rarement due à un seul facteur. Perte d’habitat, changements climatiques, pollution, maladies, concurrence avec d’autres espèces : tous ces éléments s’entrelacent. Se focaliser sur la prédation, comme le fait la direction du Parc, c’est ouvrir la porte à des mesures de « régulation » des prédateurs, qui risquent d’aggraver encore plus le déséquilibre écologique.

Rappelons qu’en France, des centaines de milliers de prédateurs sont éliminés chaque année sous prétexte de « régulation » (ESOD). Une pratique coûteuse, inefficace, et contraire aux principes d’une gestion durable des écosystèmes. Si cela fonctionnait, cela se saurait !

Une tentative maladroite de rétropédalage
Face à l’échec manifeste de cette opération, la direction du Parc tente une ultime pirouette lexicale en rebaptisant cette réintroduction ratée
« un programme expérimental et exploratoire ». Une façon sans doute de masquer la réalité, et une manière qui révèle sans le vouloir l’incompétence des responsables et leur incapacité à tirer .des leçons de ce qui se passe réellement.

Une absence de réelle politique de préservation malheureusement contagieuse.
Malheureusement cette catastrophe annoncée pousse ses effets bien au-delà du petit cercle de la direction du Parc et affecte la crédibilité de l’ensemble des actions qui pourraient être menées pour protéger et restaurer la biodiversité dans le massif. Sans oublier les importants moyens financiers mobilisés en pure perte, qui manqueront à ces travaux plus que nécessaire, de protection et de restauration des milieux naturels.

Le 12 mars 2025
SOS Massif des Vosges, Vosges Nature environnement, Oiseaux Nature, Avenir et Patrimoine 88, Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne.

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Après la mort d’un nouveau Grand Tétras Communiqué des associations

Communiqué de Presse :

Redorer son blason à coup d’oiseaux sacrifiés
ou
la saga continue

Crédit Photo : Gabriel LEBOFF

Nous venons d’apprendre la mort d’un 7éme Grand Tétras norvégien sur les 9 réintroduits dans le massif vosgien. Il ne reste désormais, dix mois après cette réintroduction coûteuse, que deux oiseaux vivants. Quelle réussite ! Quel échec !!!

Nous avions annoncé cette terrible série de disparitions et cela confirme nos craintes et nos avertissements répétés et étayés concernant l’inadéquation de ce projet de réintroduction.

Un projet voué à l’échec dès le départ.

Depuis le début, comme les différents conseils scientifiques, la grande majorité de la population consultée, nous avons exprimé nos réserves quant à la pertinence de réintroduire des Grand Tétras norvégiens dans le massif vosgien, et notre opposition au projet porté par le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges. Les conditions environnementales et écologiques du massif sont très loin d’être réunies pour assurer la survie de cette espèce. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle y a quasiment disparu. Les responsables du projet ont ignoré ces réalités, menant à un échec accablant, prévisible et particulièrement onéreux.

Les associations signataires ont d’ailleurs engagé un recours au fond devant le Tribunal Administratif de Nancy contre l’arrêté de Mme la Préfère des Vosges qui a autorisé l’opération. Ce recours sera examiné dans les mois à venir.

Des ressources gaspillées

Les efforts et les ressources considérables investis dans ce projet auraient pu être mieux utilisés pour des initiatives de conservation et de restauration de la biodiversité, nécessaires à la préservation du massif, de sa faune, de sa flore, de ses paysages et de sa nature. Nous constatons avec effroi que c’est le contraire qui est à l’œuvre : multiplication des projets d’équipement artificiels de loisirs, explosion du nombre des manifestations sportives, motorisées, ouverture de plus en plus précoces des routes jusqu’alors fermées à la circulation automobile. Et que dire de cet hallucinant projet de via ferrata soutenu par le PNRBV dans le dernier milieu rupestre sauvage des Vosges et contigu à une réserve naturelle nationale, qui fut l’un des dernier bastion du Tétras. La réintroduction d’espèces dans des environnements inappropriés ne fait que gaspiller des fonds précieux et détourne l’attention des véritables enjeux de protection de la biodiversité.

Un manque de transparence et de consultation

Le projet de réintroduction a été mené avec une parodie de consultation des parties prenantes locales et des experts indépendants. Les décisions ont été prises de manière unilatérale, sans tenir compte des avis divergents très majoritaires et des avis scientifiques argumentés disponibles. Cette approche a conduit à des erreurs coûteuses et à une perte de confiance dans les initiatives de conservation qui apparaissent de plus en plus comme comme de l’affichage ou de la communication dans le but de dissimuler une politique axée sur la croissance des loisirs artificiels au détriment de la nature et des humains. Et le parc compte recommencer la même stupidité dans quelques semaines en relâchant sur un même site, 40 individus !

Le 06 mars 2025
SOS Massif des Vosges, Vosges Nature environnement, Oiseaux Nature, Avenir et Patrimoine 88, Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne.

Télécharger le communiqué

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