Grand Tétras : la responsabilité du Parc désormais engagée.
Le Parc naturel régional des Ballons des Vosges n’est plus seulement interpelé comme porteur d’un projet contesté. Il est désormais mis en cause comme responsable.
Le 30 avril 2026, les associations SOS Massif des Vosges, Vosges Nature Environnement et Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne, par l’intermédiaire de leur avocat, Maître Picoche, ont adressé au Parc naturel régional des Ballons des Vosges une demande préalable visant à rechercher sa responsabilité dans la mise en œuvre et la poursuite du programme de réintroduction du Grand Tétras. Cette démarche pourrait ouvrir la voie, en cas de refus ou d’absence de réponse, à un recours contentieux devant le tribunal administratif.
Jusqu’ici, les procédures engagées visaient principalement l’arrêté préfectoral autorisant cette opération. Cette fois, le cœur du débat se déplace : il ne s’agit plus seulement de contester une décision de l’État, mais d’interroger la responsabilité propre du Parc, en tant que maître d’ouvrage du programme et acteur central de la politique de protection de la biodiversité dans le massif vosgien.
Les associations demandent notamment la réparation de leur préjudice moral, la reconnaissance d’un préjudice écologique lié au décès des oiseaux capturés puis relâchés, ainsi que l’arrêt du programme de réintroduction du Grand Tétras.
À nos yeux, ce recours dépasse toutefois le seul dossier du Grand Tétras. Il pose une question plus large, plus grave, presque plus nue : à quoi sert un Parc naturel régional s’il accompagne, tolère ou soutient des dynamiques qui fragilisent les milieux qu’il est censé protéger ?
Car le Grand Tétras n’est pas seulement un oiseau. Il est devenu le révélateur d’un système. Celui d’un massif où l’on prétend restaurer le sauvage tout en laissant se développer la pression touristique, la pénétration des espaces sensibles, les équipements de loisirs, les ouvertures précoces de routes d’altitude, les projets augmentant le dérangement et la banalisation des milieux.
Le Parc a pour mission de protéger les paysages, le patrimoine naturel et culturel, notamment par une gestion adaptée. Or les associations estiment qu’en poursuivant un programme de réintroduction dans un milieu dont les conditions fondamentales n’ont pas été rétablies, le PNRBV a failli à cette obligation de cohérence écologique.
Le recours rappelle notamment que les instances scientifiques consultées avaient alerté sur le caractère prématuré du projet, sur l’insuffisance des conditions nécessaires au rétablissement d’une population viable, et sur la nécessité de restaurer d’abord les écosystèmes avant d’envisager une réintroduction.
Les résultats connus à ce jour sont, selon les associations, accablants : mortalité massive des oiseaux capturés ou relâchés, incertitudes sur les survivants, absence de démonstration que les causes de disparition de l’espèce aient été corrigées. Le recours souligne que, pour les campagnes 2024 et 2025, la quasi-totalité, voire la totalité des oiseaux concernés seraient morts ou portés disparus.
Dans ces conditions, continuer reviendrait à transformer le Grand Tétras en symbole sacrificiel : un oiseau brandi comme preuve de vertu écologique, mais envoyé dans un territoire qui n’a pas retrouvé les conditions de son accueil.
Pour les associations signataires, la protection de la biodiversité ne peut pas être un décor de communication. Elle suppose des choix clairs : réduire réellement les dérangements, restaurer les habitats, protéger les zones de quiétude, limiter les pressions humaines, renoncer aux projets incompatibles avec la fragilité du vivant.
On ne sauve pas une espèce avec des communiqués, des balises GPS et des opérations spectaculaires. On la sauve en restaurant le silence, les forêts, les continuités écologiques, la patience du vivant.
Par cette démarche, les associations entendent donc rappeler une évidence simple : un Parc naturel régional ne peut pas se contenter de raconter la protection de la nature. Il doit l’assumer.
Et lorsqu’il ne l’assume pas, il doit pouvoir en répondre.
Le 03 mai 2026
SOS Massif des Vosges Vosges Nature Environnement Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne
Il aura donc fallu le passage du Tour de France pour que la sécurité de la RD 466, entre le lac d’Alfeld et le sommet du Ballon d’Alsace, devienne soudain une affaire urgente.
Depuis des années, chacun sait que les routes de montagne traversant des forêts présentent des risques : branches cassées, arbres dépérissants, chutes sur chaussée après coups de vent, neige lourde, sècheresses, affaiblissement sanitaire des peuplements. Ce risque n’a rien de mystérieux. Il n’est pas né avec la caravane du Tour. Il n’a pas surgi au détour d’un virage comme un sanglier pressé.
Il était connu.
Et pourtant, au lieu d’être traité régulièrement, calmement, chaque année, avec méthode, diagnostic précis, moyens adaptés et calendrier respectueux des cycles naturels, il a été laissé en suspens. Jusqu’au moment où une grande manifestation sportive, médiatique et politiquement visible, a transformé une question ancienne en urgence administrative.
C’est là que commence le problème.
Une sécurité à géométrie variable
Que des arbres puissent tomber sur une route de montagne en hiver, en automne, lors d’un épisode venteux ou après une période de sécheresse semble n’avoir guère suscité l’empressement des autorités.
Mais que cette même route doive accueillir le Tour de France, et soudain tout s’accélère. La sécurité devient impérative. Les délais deviennent contraints. Les responsabilités se déplacent. Les injonctions tombent. Et l’on découvre, comme par enchantement, qu’il faudrait couper vite, couper fort, couper maintenant.
Cette manière de faire pose une question simple : la sécurité des usagers ordinaires de la route vaut-elle moins que la sécurité d’un événement sportif international ?
Car si le risque était réel, et il peut parfaitement l’être, pourquoi n’a-t-il pas été traité avant ? Pourquoi la commune, qui avait alerté, n’a-t-elle pas reçu les réponses et l’accompagnement nécessaires ? Pourquoi a-t-il fallu que le Tour de France approche pour que les autorités exigent une sécurisation coûte que coûte ?
La sécurité publique ne devrait pas dépendre du calendrier des caméras.
Une urgence artificielle fabriquée par l’inaction
La réunion, visite de chantier, avec l’ONF et le maire de Sewen a permis de mieux comprendre l’enchaînement réel. Il ne s’agit pas d’une mairie décidant soudainement de massacrer une lisière forestière. Il ne s’agit pas non plus d’un ONF agissant seul, dans une logique purement forestière.
Ce qui apparaît, c’est une chaîne d’inactions, de silences et de reports, jusqu’au moment où l’État, par la voix préfectorale, impose la sécurisation dans l’urgence.
Et cette urgence n’est pas naturelle. Elle est administrative. Elle est événementielle. Elle est fabriquée par le défaut d’anticipation des autorités.
Le maire de Sewen, dernier maillon de la chaîne, se retrouve alors avec la responsabilité concrète du chantier, la pression de l’État, l’exposition publique, et la charge financière. La commune, qui avait pourtant alerté, doit se débrouiller. Et l’ONF, service gestionnaire, se retrouve sommé de mettre en œuvre une opération techniquement possible, mais écologiquement désastreuse par son calendrier.
On connaît cette vieille musique : les grands décideurs commandent l’orchestre, puis quittent la salle avant la fausse note.
Le scandale n’est pas seulement la coupe : c’est le moment choisi
Il faut être précis. Il ne semble pas exister, en soi, d’interdiction réglementaire absolue empêchant toute opération de sécurisation. La sécurité routière peut justifier des interventions. Personne ne conteste sérieusement qu’un arbre mort, instable, menaçant directement la chaussée, puisse devoir être abattu.
Mais ici, le scandale tient à autre chose : la réalisation d’une opération d’ampleur en pleine période de reproduction, dans un secteur d’une richesse écologique majeure.
Le communiqué des associations alsaciennes rappelle que le secteur concerné cumule plusieurs statuts de protection et d’inventaire : ZPS, ZSC, ZNIEFF de type 1, sites classés, proximité du lac d’Alfeld et du Ballon d’Alsace. Il souligne aussi la présence de vieux peuplements, d’arbres de gros diamètre, d’arbres à cavités, ainsi que d’espèces protégées : Chevêchette d’Europe, Chouette de Tengmalm, Pic noir, Pic cendré, chiroptères, amphibiens et reptiles.
Le document d’aménagement forestier de Sewen confirme lui-même la sensibilité du massif : la forêt communale est incluse dans les sites Natura 2000 “Vosges du Sud” et “Hautes Vosges, Haut-Rhin”, ainsi que dans le site classé du Ballon d’Alsace. Il indique également que les enjeux écologiques sont reconnus ou forts sur toute la forêt, avec 391 ha en enjeu écologique reconnu et 826 ha en enjeu écologique fort.
Dans ces conditions, intervenir au printemps, en pleine période de nidification et d’activité biologique, est une faute de calendrier. Même si l’opération est administrativement possible, elle est écologiquement indéfendable.
Ce n’est pas parce qu’une chose est permise qu’elle est intelligente. Le droit fixe un plancher ; il ne dispense pas de décence écologique.
L’État exige, la commune paie, la forêt encaisse
L’un des aspects les plus choquants de cette affaire est le transfert de charge vers la commune.
La mairie avait alerté. Elle n’a pas obtenu les réponses nécessaires. Puis, lorsque le Tour de France approche, les autorités découvrent l’urgence, imposent la sécurisation, mais laissent la commune assumer le coût de l’opération.
Ainsi se dessine une mécanique parfaitement injuste :
l’État impose l’urgence ; les autorités départementales n’ont pas organisé le traitement régulier du risque ; la commune se retrouve seule en première ligne ; l’ONF exécute sous contrainte ; la forêt paie le prix écologique ; et les citoyens découvrent le chantier une fois les tronçonneuses en marche.
Cette chaîne de responsabilité doit être rendue visible. Car sinon, l’opinion publique ne verra que le maire, l’ONF et les arbres coupés. Elle ne verra pas l’arrière-plan : l’inaction préfectorale, le défaut d’anticipation, l’absence de stratégie départementale, le traitement événementiel d’un risque permanent.
Une vraie politique de sécurité aurait évité cette situation
Une route forestière de montagne ne peut pas être sécurisée tous les dix ans dans la panique, au rythme des grands événements sportifs. Elle doit faire l’objet d’un suivi régulier.
Cela suppose une méthode simple :
diagnostic annuel des arbres à risque ; cartographie des secteurs sensibles ; interventions légères et régulières hors période de nidification ; traitement prioritaire des arbres réellement dangereux ; maintien des arbres à cavités et des gros bois non menaçants ; financement clair entre commune, département et État ; information préalable des associations naturalistes dans les secteurs protégés ; et, lorsque c’est nécessaire, fermeture temporaire de la route plutôt que coupe précipitée.
Ce traitement “au fil de l’eau” aurait permis d’éviter l’alternative absurde dans laquelle les autorités enferment maintenant tout le monde : ou bien on ne fait rien et l’on prend un risque, ou bien on coupe massivement au printemps dans un site écologique remarquable.
Cette alternative est fausse. Elle a été fabriquée par l’inaction.
La responsabilité du département doit être posée
La RD 466 est une route départementale. La question de son entretien, de sa sécurité, de la gestion des risques liés à son environnement immédiat ne peut pas être renvoyée uniquement à la petite commune forestière traversée.
Si les risques étaient connus, pourquoi n’ont-ils pas donné lieu à un plan pluriannuel de sécurisation ? Pourquoi les moyens financiers n’ont-ils pas été prévus ? Pourquoi la mairie a-t-elle été laissée seule ? Pourquoi les travaux ne sont-ils déclenchés qu’à la faveur d’un événement comme le Tour de France ?
Le département ne peut pas regarder passer les coureurs, les caméras et les responsabilités en sifflotant sur le bas-côté.
Le préfet ne doit pas seulement ordonner dans l’urgence
La responsabilité préfectorale est également centrale. Le préfet représente l’État. À ce titre, il ne peut pas se borner à exiger une sécurisation lorsque l’échéance devient politiquement sensible.
S’il y avait danger, l’État devait s’assurer depuis longtemps que le risque était traité. S’il y avait nécessité d’intervention, l’État devait aider à organiser une réponse compatible avec les enjeux écologiques. S’il y avait urgence, l’État devait expliquer pourquoi elle n’avait pas été anticipée.
L’autorité préfectorale ne peut pas apparaître seulement au dernier acte, quand le décor est planté, les délais impossibles et les associations mises devant le fait accompli.
La sécurité ne se décrète pas au printemps parce que le Tour arrive en été. Elle se prépare. Elle se finance. Elle se planifie. Elle se discute.
Ne pas se tromper de cible
Il serait trop facile de faire porter toute la responsabilité à la commune de Sewen ou aux agents de l’ONF.
La mairie se retrouve dans une position intenable : alertes ignorées, pression préfectorale, coût à assumer, urgence à gérer, critiques publiques à encaisser. Quant à l’ONF, il est placé dans une situation contradictoire : répondre à une injonction de sécurité, tout en tentant de justifier écologiquement une opération dont le calendrier reste très difficilement défendable.
Cela ne signifie pas que tout choix technique serait acceptable. Cela ne signifie pas que les arbres coupés l’aient tous été à juste titre. Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas demander des comptes précis sur le martelage, les arbres à cavités, les diagnostics naturalistes, les volumes prélevés et les alternatives à l’abattage.
Mais le cœur politique de l’affaire est ailleurs : dans la façon dont les institutions supérieures créent les conditions d’une mauvaise décision, puis laissent les exécutants locaux en assumer les conséquences.
Ce que nous demandons
Il faut désormais sortir du bricolage administratif et de la sécurité de circonstance.
Nous demandons :
que soit établie la chronologie complète des alertes et des décisions ayant conduit à l’opération ;
que le préfet explique pourquoi cette sécurisation n’a pas été organisée plus tôt, hors période de reproduction ;
que le département précise sa responsabilité dans la sécurité de cette route départementale ;
que les coûts imposés à la commune soient clarifiés ;
qu’un plan annuel de sécurisation écologique des routes forestières de montagne soit mis en place ;
que toute intervention en site Natura 2000 ou en secteur à forte biodiversité fasse l’objet d’un calendrier évitant strictement la période de nidification, sauf danger immédiat démontré arbre par arbre ;
que les associations de protection de l’environnement soient associées en amont, et non invitées après coup à contempler les souches.
La montagne ne doit pas payer l’impréparation des institutions
L’affaire de la RD 466 révèle une dérive plus générale. On laisse vieillir les problèmes. On ignore les alertes locales. On refuse de financer les solutions régulières. Puis un événement médiatique arrive, et l’on transforme l’incurie accumulée en urgence absolue.
Alors, on coupe.
On coupe parce qu’il faut aller vite. On coupe parce que le préfet exige. On coupe parce que le Tour approche. On coupe parce que plus personne n’a pris le temps de faire autrement.
Mais la forêt, elle, n’est pas responsable du calendrier institutionnel. Les oiseaux qui nichent ne sont pas responsables des silences administratifs. Les arbres à cavités ne sont pas responsables des alertes restés sans réponse. Et les petites communes de montagne n’ont pas à devenir les fusibles d’une politique publique qui ne sait agir qu’au pied du podium.
La sécurité des routes de montagne est une nécessité. Mais elle doit être pensée comme une politique publique permanente, sobre, anticipée, financée et écologiquement responsable.
Faute de quoi, chaque grande manifestation deviendra le prétexte à une nouvelle urgence. Et chaque urgence, le nom poli donné à ce que l’on aurait pu éviter.
Pour SOS Massif des Vosges Dominique HUMBERT-BERETTI Président
Posted inEnvironnement, Foret, Tribune|Commentaires fermés sur RD 466 au Ballon d’Alsace : quand l’État découvre la sécurité routière à la veille du Tour de France
Dans le massif des Vosges, le programme de réintroduction du Grand Tétras suscite des interrogations croissantes. Au-delà des controverses scientifiques sur certaines méthodes expérimentales, une question plus fondamentale émerge : les conditions d’expression des avis indépendants sont-elles pleinement garanties ? Or, lorsque des acteurs engagés dans la protection de la nature en viennent à s’interroger sur les conditions dans lesquelles ils peuvent prendre la parole, un seuil est franchi.
Dans les Vosges, le Grand Tétras est en train de devenir autre chose qu’un oiseau. Il est devenu un test. Un test de notre capacité collective à regarder la réalité en face ou à la contourner. Car derrière les communiqués rassurants et les images de nature restaurée,un malaise grandit.
Le projet de réintroduction du Grand Tétras accumule les fragilités : mortalité élevée des oiseaux relâchés, incertitudes scientifiques, absence de traitement des causes profondes du déclin. Ces causes sont pourtant connues et documentées : fragmentation des habitats, dérangement humain massif, déséquilibres écologiques…
Face à cela, certaines réponses proposées interrogent. L’usage d’effaroucheurs à ultrasons pour éloigner les prédateurs, par exemple, repose sur des bases scientifiques incertaines et comporte des risques pour d’autres espèces, notamment les chiroptères.
Mais au-delà des choix techniques, un autre problème émerge, plus grave encore.
Dans certaines instances de concertation, la liberté de parole semble désormais sous tension.
Quand ceux qui sont chargés d’évaluer un projet commencent à s’interroger sur les conséquences de leur prise de position, ce n’est plus un débat scientifique. C’est un signal d’alerte démocratique.
La biodiversité ne se décrète pas. Elle ne se pilote pas à coups de dispositifs techniques improvisés ou de récits ajustés après coup. Elle exige une chose simple et exigeante : la confrontation honnête des faits. Or aujourd’hui, tout se passe comme si certaines conclusions devenaient difficiles à entendre. Comme si le doute scientifique, pourtant moteur du progrès, devenait un obstacle à contourner.
Quand la parole scientifique devient inconfortable, la tentation est grande de la marginaliser. Mais une politique de biodiversité qui redoute le débat est une politique déjà fragilisée.
Le Grand Tétras, dans cette affaire, n’est pas seulement une espèce en danger. Il est le révélateur d’un glissement plus large : celui d’une biodiversité instrumentalisée, sommée de produire des résultats visibles, quitte à simplifier, orienter ou précipiter les décisions.
Réintroduire une espèce sans restaurer les conditions de sa survie, c’est prendre le risque d’un échec annoncé. Mais empêcher ou contraindre l’expression de ceux qui le disent, c’est franchir une étape supplémentaire.
Ce n’est plus seulement la nature que l’on met en danger. C’est la capacité même à la défendre lucidement.
Dans le silence des forêts vosgiennes, une question demeure : veut-on vraiment sauver le Grand Tétras ou seulement donner l’illusion de le faire ?
Le 15 avril 2026
Dominique HUMBERT-BERETTI
Président
Second déneigement sans aucune utilité sinon celle d’offrir un circuit de vitesse à quelques motos !!!
Le 2 avril, la route des Crêtes rouvre. Autrefois, elle attendait le 1er mai.
Ce n’est pas un simple ajustement. C’est un signal politique.
Une décision assumée par les autorités Cette réouverture anticipée ne tombe pas du ciel. Elle engage directement :
les services de l’État, sous l’autorité du préfet
les conseils départementaux concernés
les acteurs publics du tourisme
Tous savent. Tous ont été informés. Tous connaissent les enjeux liés à la période de reproduction du Grand Tétras. Et pourtant, tous valident.
L’argent public au service de l’absurde
Ces derniers jours, la montagne a parlé. La neige est revenue. Après un premier déneigement, les engins ont dû remonter. Une seconde intervention, en urgence, pour rouvrir coûte que coûte.
Deux opérations. Deux mobilisations. Deux dépenses d’argent public. Pour quoi ?
Pour forcer l’ouverture d’une route que les conditions naturelles ne rendaient pas encore praticable.
Il y a quelques années encore, cette route restait fermée jusqu’au 1er mai. Aujourd’hui, on paie pour accélérer les saisons.
Une stratégie touristique qui écrase tout
Pourquoi cette précipitation ? Parce qu’arrive le week-end de Pâques. Parce qu’il faut accueillir. Parce qu’il faut remplir. Parce qu’il faut faire venir. Le massif devient un produit. La montagne, une vitrine. Le calendrier naturel, une variable d’ajustement.
Et dans cette logique, tout doit céder : le silence la tranquillité les cycles biologiques
Le retour programmé du vacarme
Dès ce week-end, le scénario est connu. Pour peu que le soleil soit au rendez-vous, les motos reviendront. Nombreuses. Bruyantes. Souvent équipées de pots d’échappement modifiés.
Leur grondement montera des vallées, longera les crêtes, pénétrera les forêts.
Un bruit continu. Diffus. Inévitable.
Un bruit qui s’impose précisément là où le vivant tente encore de se maintenir.
Une contradiction politique majeure
Dans le même temps, l’État et le Parc naturel régional des Ballons des Vosges poursuivent un programme de réintroduction du Grand Tétras.
On mobilise des financements publics. On capture des oiseaux en Scandinavie. On communique sur la biodiversité. Mais les conditions indispensables sont connues : réduction du dérangement, limitation de la circulation, tranquillité des habitats. Or ici, la décision publique organise exactement l’inverse.
Le double discours institutionnel
D’un côté : on affiche des politiques de protection.
De l’autre : on prend des décisions qui les rendent inopérantes.
Ce n’est plus une incohérence. C’est un système.
Un système où : la biodiversité sert de vitrine, le tourisme dicte les choix, et les arbitrages se font toujours au détriment du vivant
Une responsabilité claire
Il ne s’agit pas d’un phénomène diffus ou incontrôlable. Il s’agit de décisions administratives et politiques : autoriser l’ouverture, financer le déneigement, ne pas réguler les usages motorisés, maintenir une fréquentation élevée.
Ces choix engagent directement les décideurs publics. Le Grand Tétras ne disparaît pas dans un vide. Il disparaît dans un paysage administré, organisé, planifié. Un paysage digne de Kafka, où l’on finance à la fois sa réintroduction et les conditions de son échec
À force de vouloir satisfaire tout le monde, tourisme, communication, fréquentation, on finit par sacrifier l’essentiel.
1- Quel est le montant exact de l’ensemble des financements publics accordés au Rallye des Vosges (Région, Département, communes, intercommunalités) ?
2 – Comment justifier l’utilisation d’argent public pour une compétition automobile alors que les collectivités demandent aux citoyens de réduire leurs émissions de CO2 ?
3 – Une étude d’impact environnemental et sonore a-t-elle été réalisée concernant cette manifestation ? Si oui, peut-elle être rendue publique ?
4 – Le niveau sonore des voitures de rallye pouvant dépasser 100 décibels, comment les collectivités justifient-elles les nuisances imposées aux habitants et aux usagers du massif ? (Source : OMS, Environmental Noise Guidelines for the European Region, 2018)
5 – Combien d’argent public est mobilisé indirectement pour cet événement à Gérardmer (sécurité, routes, logistique, personnels mobilisés) en plus des subventions directes ?
6 – La Région Grand Est s’est engagée dans des politiques climatiques. Comment le financement d’un rallye automobile est-il compatible avec ces engagements ?
7 – Les collectivités disposent-elles d’une évaluation sérieuse des retombées économiques réelles de cette manifestation pour le territoire ?
8 – Pourquoi soutenir financièrement une compétition automobile alors que de nombreuses initiatives sportives ou culturelles respectueuses de l’environnement manquent de financements ?
9 – Les habitants et les usagers du massif ont-ils été consultés sur l’organisation de cette manifestation et sur l’utilisation d’argent public pour la financer ?
10 – Dans un contexte de crise écologique, les collectivités envisagent-elles de mettre fin au financement public des compétitions automobiles sur le territoire ?
Question subsidiaire :
Est-il vraiment cohérent de financer avec de l’argent public un spectacle fondé sur la vitesse et la consommation de carburant, alors même que les collectivités demandent aux citoyens de faire preuve de sobriété énergétique ?
Comme chaque année, cette manifestation bénéficie du soutien financier de collectivités publiques. La ville de Gérardmer verse 10 000 € et la Région Grand Est apporte également une subvention (montant à confirmer).
Nous, signataires de cette pétition, demandons que plus aucun financement public ne soit accordé à ce type d’événement.
Une manifestation anachronique
À l’heure où chacun est appelé à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les consommations d’énergie et les nuisances environnementales, le Rallye des Vosges propose exactement l’inverse :
une exaltation de la vitesse et de la puissance mécanique
la promotion de véhicules extrêmement consommateurs d’énergie
des nuisances sonores massives dans des espaces naturels
la fermeture de routes publiques pour une activité de spectacle motorisé
Il s’agit moins d’un événement sportif que d’une vitrine commerciale pour l’industrie automobile et la culture de la performance mécanique.
Des nuisances pour les habitants et pour la nature
Ces rallyes entraînent :
des nuisances sonores importantes pour les riverains et les usagers du massif, pouvant atteindre 100 à 130 décibels
des perturbations pour la faune dans un territoire déjà soumis à une pression touristique très forte
la mobilisation de moyens publics (sécurité, logistique, routes) pour une activité de loisirs qui ne profite qu’à une minorité
L’argent public doit servir l’intérêt général
Dans un contexte de crise écologique et budgétaire, les collectivités devraient consacrer leurs ressources :
à la préservation des milieux naturels
à la transition écologique des territoires
à des activités sportives et culturelles respectueuses de l’environnement
Financer des compétitions automobiles est en contradiction totale avec ces objectifs.
Notre demande
Nous demandons :
La suppression de toute subvention publique directe ou indirecte au Rallye des Vosges et aux manifestations similaires.
La transparence complète sur les financements publics accordés à cet événement.
Une réorientation des budgets vers des initiatives respectueuses de l’environnement et de la tranquillité des habitants.
La montagne n’est pas un circuit automobile
Le massif vosgien est un patrimoine naturel commun. Il n’a pas vocation à devenir le décor d’une exhibition motorisée célébrant la vitesse, la consommation et le gaspillage.
Nous appelons les collectivités à faire preuve de cohérence et de responsabilité.
Pas un euro d’argent public pour le Rallye des Vosges.
Appel à mobilisation et soutien financier : Stoppons la réintroduction du Grand Tétras dans les Vosges !
Chers amis de la nature,
Une nouvelle campagne de captures en Norvège et de lâchers de 40 Grands Tétras dans le massif des Vosges est prévue par le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges entre avril et mai 2025. Malgré les avis scientifiques défavorables, une opposition massive du public et un taux de mortalité alarmant (78%) des oiseaux précédemment introduits, l’État persiste dans cette opération vouée à l’échec.
Face à l’urgence, nous avons déposé un nouveau référé suspension auprès du Tribunal administratif de Nancy pour obtenir l’arrêt immédiat de ce projet irresponsable. L’audience est prévue le mercredi 26 mars à 14h30.
Pourquoi nous opposons-nous à cette réintroduction ?
🔴 Des lacunes scientifiques majeures : aucune analyse sérieuse sur les causes réelles du déclin du Grand Tétras (déforestation, dérangement humain, changement climatique). 🔴 Un massacre programmé : la majorité des oiseaux relâchés ne survivent pas dans leur nouvel environnement. 🔴 Un impact écologique inconnu : l’usage d’ultra-sons pour effaroucher les prédateurs met en danger d’autres espèces protégées (lynx, loup, chauves-souris). 🔴 Un gaspillage d’argent public : des millions d’euros sont mobilisés alors que ces fonds pourraient être investis dans de vraies mesures de restauration des habitats naturels.
Nous avons besoin de vous !
Ce combat en justice représente un coût important pour nos associations (frais d’avocat, expertises, communication). Chaque don, même modeste, est essentiel pour nous permettre de défendre efficacement la biodiversité vosgienne. Faites un don dès aujourd’hui et participez à la protection du Massif des Vosges !
Lien pour faire un don : Pas de réintroduction sans restauration du biotope Vous pouvez également contribuer en envoyant un chèque à l’ordre de SOS Massif des Vosges à l’adresse suivante : SOS Massif des Vosges 21, rue Erbersch – 68380 Mittlach N’oubliez pas d’indiquer au dos du chèque : « Grand Tétras »
Ensemble, nous pouvons empêcher cette réintroduction absurde et préserver les Vosges pour les générations futures !
Merci pour votre soutien, SOS Massif des Vosges, Vosges Nature Environnement, Oiseaux Nature, Avenir et Patrimoine 88, Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne
Le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges est-il crédible ?
Dans sa réponse au communiqué des associations, le directeur du Parc, avance plusieurs arguments qui méritent d’être examinés de près.
Des affirmations sans preuves Il affirme que « 3 à 5 oiseaux autochtones pourraient encore être présents dans les Hautes Vosges », faisant écho aux déclarations de son Président le 19 février dernier. Celui-ci avait déjà évoqué, sans apporter la moindre preuve, une rencontre entre 3 Tétras norvégiens et 4 Tétras autochtones. Où et comment ? Mystère… Cette rencontre semble relever davantage du conte que de la réalité scientifique.
Une vision simpliste des causes de disparition
Le Directeur déclare également que « les grands tétras ont été tués par des prédateurs, pas par le réchauffement climatique ». Une affirmation réductrice qui témoigne d’une compréhension incomplète des écosystèmes.
D’abord, il serait plus exact de parler de changements climatiques, et non seulement de réchauffement, tant les bouleversements en cours sont multiples. Ensuite, l’impact du climat ne se limite pas à un facteur isolé : il modifie en cascade les relations entre espèces, notamment entre prédateurs et proies. C’est ce que l’on appelle en écologie une cascade trophique. Nous invitons donc M. le Directeur à se renseigner sur ces dynamiques complexes avant d’avancer de telles conclusions.
Par ailleurs, si la prédation est identifiée comme la cause principale de l’échec de la réintroduction, alorspourquoi envisager de bientôt capturer et relâcher 4 à 5 fois plus d’oiseaux sur le même site, sans prendre la moindre mesure pour limiter cette prédation ? Le dossier du PNRBV affirmait pourtant que les causes de disparition du tétras avaient été résolues… Un mensonge manifeste.
Le prétexte de la prédation pour masquer les échecs
La disparition d’une espèce est rarement due à un seul facteur. Perte d’habitat, changements climatiques, pollution, maladies, concurrence avec d’autres espèces : tous ces éléments s’entrelacent. Se focaliser sur la prédation, comme le fait la direction du Parc, c’est ouvrir la porte à des mesures de « régulation » des prédateurs, qui risquent d’aggraver encore plus le déséquilibre écologique.
Rappelons qu’en France, des centaines de milliers de prédateurs sont éliminés chaque année sous prétexte de « régulation » (ESOD). Une pratique coûteuse, inefficace, et contraire aux principes d’une gestion durable des écosystèmes. Si cela fonctionnait, cela se saurait !
Une tentative maladroite de rétropédalage
Face à l’échec manifeste de cette opération, la direction du Parc tente une ultime pirouette lexicale en rebaptisant cette réintroduction ratée « un programme expérimental et exploratoire ». Une façon sans doute de masquer la réalité, et une manière qui révèle sans le vouloir l’incompétence des responsables et leur incapacité à tirer .des leçons de ce qui se passe réellement.
Une absence de réelle politique de préservation malheureusement contagieuse. Malheureusement cette catastrophe annoncée pousse ses effets bien au-delà du petit cercle de la direction du Parc et affecte la crédibilité de l’ensemble des actions qui pourraient être menées pour protéger et restaurer la biodiversité dans le massif. Sans oublier les importants moyens financiers mobilisés en pure perte, qui manqueront à ces travaux plus que nécessaire, de protection et de restauration des milieux naturels.
Le 12 mars 2025
SOS Massif des Vosges, Vosges Nature environnement, Oiseaux Nature, Avenir et Patrimoine 88, Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne.
Redorer son blason à coup d’oiseaux sacrifiés
ou
la saga continue
Crédit Photo : Gabriel LEBOFF
Nous venons d’apprendre la mort d’un 7éme Grand Tétras norvégien sur les 9 réintroduits dans le massif vosgien. Il ne reste désormais, dix mois après cette réintroduction coûteuse, que deux oiseaux vivants. Quelle réussite ! Quel échec !!!
Nous avions annoncé cette terrible série de disparitions et cela confirme nos craintes et nos avertissements répétés et étayés concernant l’inadéquation de ce projet de réintroduction.
Un projet voué à l’échec dès le départ.
Depuis le début, comme les différents conseils scientifiques, la grande majorité de la population consultée, nous avons exprimé nos réserves quant à la pertinence de réintroduire des Grand Tétras norvégiens dans le massif vosgien, et notre opposition au projet porté par le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges. Les conditions environnementales et écologiques du massif sont très loin d’être réunies pour assurer la survie de cette espèce. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle y a quasiment disparu. Les responsables du projet ont ignoré ces réalités, menant à un échec accablant, prévisible et particulièrement onéreux.
Les associations signataires ont d’ailleurs engagé un recours au fond devant le Tribunal Administratif de Nancy contre l’arrêté de Mme la Préfère des Vosges qui a autorisé l’opération. Ce recours sera examiné dans les mois à venir.
Des ressources gaspillées
Les efforts et les ressources considérables investis dans ce projet auraient pu être mieux utilisés pour des initiatives de conservation et de restauration de la biodiversité, nécessaires à la préservation du massif, de sa faune, de sa flore, de ses paysages et de sa nature. Nous constatons avec effroi que c’est le contraire qui est à l’œuvre : multiplication des projets d’équipement artificiels de loisirs, explosion du nombre des manifestations sportives, motorisées, ouverture de plus en plus précoces des routes jusqu’alors fermées à la circulation automobile. Et que dire de cet hallucinant projet de via ferrata soutenu par le PNRBV dans le dernier milieu rupestre sauvage des Vosges et contigu à une réserve naturelle nationale, qui fut l’un des dernier bastion du Tétras. La réintroduction d’espèces dans des environnements inappropriés ne fait que gaspiller des fonds précieux et détourne l’attention des véritables enjeux de protection de la biodiversité.
Un manque de transparence et de consultation
Le projet de réintroduction a été mené avec une parodie de consultation des parties prenantes locales et des experts indépendants. Les décisions ont été prises de manière unilatérale, sans tenir compte des avis divergents très majoritaires et des avis scientifiques argumentés disponibles. Cette approche a conduit à des erreurs coûteuses et à une perte de confiance dans les initiatives de conservation qui apparaissent de plus en plus comme comme de l’affichage ou de la communication dans le but de dissimuler une politique axée sur la croissance des loisirs artificiels au détriment de la nature et des humains. Et le parc compte recommencer la même stupidité dans quelques semaines en relâchant sur un même site, 40 individus !
Le 06 mars 2025
SOS Massif des Vosges, Vosges Nature environnement, Oiseaux Nature, Avenir et Patrimoine 88, Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne.
Introduction de Grands tétras dans les Vosges : Informations et interrogations
Depuis le début du projet de réintroduction du Grand tétras dans le massif, le PNR et la Préfecture des Vosges ne cessent de dissimuler les informations. Et quand ils communiquent, ils entretiennent le flou, l’imprécision voire le mensonge.
La phase opérationnelle de réintroduction ayant démarré sur le massif, nous vous proposons de tirer un premier bilan provisoire sur la base des éléments dont nous disposons. De nombreuses interrogations en résultent, nous avons pris le parti de les exprimer clairement et nous attendons, comme tous ceux qui s’interrogent ou ont exprimé des doutes sur cette opération, et ils sont nombreux, des réponses claires et sans détours.
• Sur le nombre d’oiseaux capturés et introduits : Neuf Grand tétras ont été transportés vers les Vosges, 5 coqs et 4 poules. Et non 20 comme cela a été déclaré par le PNRBV ici ou là, et encore moins 40 comme le projet le prévoyait initialement. Car dans une lettre du 4 avril 2024, l’agence environnementale norvégienne a autorisé la capture de 50 oiseaux sur 5 ans, soit 10 oiseaux par an.
• Alors pourquoi le PNRBV a-t-il récemment réitéré une demande d’autorisation de captures afin de réaliser un lâcher cet automne ? • Est-il exact qu’une autorisation de capture de 50 oiseaux par an a été délivrée par les autorités norvégiennes ? • Combien d’oiseaux est-il prévu de capturer cet automne ? • Sur quels sites seront-ils relâchés ?
• Sur les captures : la mort d’un coq et le stress pour tous Dix oiseaux ont été capturés, conformément à l’autorisation norvégienne. Un coq est mort après une capture, l’autopsie a révélé une crise cardiaque. Arrêtons-nous sur ce que signifient concrètement ces captures : 1) Les Grands tétras ont été attrapés au filet, à la période la plus sensible pour eux, celle de leur chant, de leur parade pour se reproduire, moment de leur plus grande vulnérabilité ; 2) Pour procéder aux examens vétérinaires et à la pose de balises GPS, les oiseaux ont été cagoulés, leurs ailes et leurs pattes entravées ; 3) Chaque oiseau fut ensuite enfermé dans un carton empêchant le déploiement des ailes, la cagoule enlevée ; 4) Les cartons ont été chargés dans une voiture pour un long voyage de 28 heures…
• Combien de personnes ont été engagées sur cette première opération?
• Sur la pose des balises : un stress qui affecte notablement la qualité de vie et la reproduction des oiseaux Une étude récente publiée le 25 avril, démontre que l’installation de balises sur des oies simplement capturées et équipées « ont retardé leur migration printanière et réduit leur probabilité de produire des oisillons cette année-là », alors qu’en est-il sur des oiseaux stockés, transportés pendant 28 heures et affamés ?
• Sur le transport : 28h en voiture dans une boite Trois voitures ont fait le voyage de la Norvège vers les Vosges. La première voiture contenait quatre Grands tétras, elle est arrivée le 25 avril après-midi, les oiseaux ont dû patienter 24h de plus. Calendrier des captures : 23/04/24 : Échec des captures dans la nuit 24/04/24 : 4 captures et départ de Norvège de 4 oiseaux (3 poules, 1 coq) au matin (11h) (arrivée le 25 vers 15h) 25/04/24 : 3 captures (1 poule, 2 coqs), (arrivée le 26 vers 15h) 26/04/24 : 3 captures (3 coqs), mort du premier coq capturé, départ de Norvège de 2 coqs au matin (11h) (arrivée le 27 vers 15h) Audience TA le 25/04 Délibéré le 26/04 26 et 27/04/24 : lâcher au Grand Ventron
• Pourquoi la mort d’un coq a-t-elle été cachée ?
• Sur le site de lâcher Le PNR et l’état ont affirmé qu’il existe 50 000 ha d’habitat de qualité ! La vérité est plus proche de 5 à 6000 ha disséminés sur tout le massif. Pourquoi un tel mensonge ? Pourquoi parler de renforcement et effectuer un lâcher sur Ventron, alors que le tétras n’y a plus été observé depuis 2021, malgré les suivis en place sur ce massif ? Il s’agit bien d’une réintroduction.
• Quelles sont les nouvelles mesures d’accompagnement à la hauteur des enjeux ?
• Un milieu très différent : habitat et nourriture Les Grands tétras norvégiens ont été lâchés dans un milieu très différent du leur : ils ont quitté une forêt très enneigée et froide, peuplée de pins sylvestres, pour arriver apeurés et affamés dans une forêt où la neige n’était présente qu’en plaques, en train de fondre, avec des températures très élevées dans les jours suivants leur lâcher (plus de 20° à 1000m), et de surcroît dans une forêt sans aucun pin … Détail important : à cette période, les Grands tétras norvégiens ne mangent que des aiguilles de pins, ce que l’autopsie du coq mort a permis de constater d’ailleurs. Il est probable que les Grands tétras norvégiens se rabattent sur les aiguilles de sapins ou d’épicéas, mais en combien de temps?
• Alors que le PNR annonce une grande similitude des biotopes d’origine et de destination, comment une telle évidence n’a pu être prise en compte dans le choix du site de lâché ? • Constatant l’absence sur place de leur nourriture habituelle, n’y a-t-il pas un risque que les oiseaux quittent ce territoire pour des lieux plus favorables à leur régime alimentaire ?
• Un suivi opaque : Le PNRBV assure seul le suivi. Nos associations demandent communication des rapports de captures, de lâchers, d’autopsie ainsi que des rapports de suivi mensuel que le PNRBV doit fournir au CEN de Lorraine et au GTV.
• Pourquoi le GTV, le CEN et l’ONF partenaires officiels de l’opération ne sont-ils pas associés au suivi ?
• Sur les précautions sanitaires Aucune précision sinon une vague référence à un accompagnement vétérinaire n’a été délivrée par le PNR et la Préfecture
• Quelles analyses vétérinaires ont été réalisées ? • Quels pathogènes éventuels ont été recherchés et avec quelles méthodes ? • Sur quel matériel biologique ? Plumes, crottes, frottis, … ? • Pourquoi n’y a t-il pas eu de période de quarantaine ? Ce qui pourtant aurait dû être incontournable. L’introduction dans le milieu vosgien de nouveaux pathogènes (virus, parasites, bactéries, champignons…) est toujours possible. La crise covid a démontré ô combien il est nécessaire d’être plus prudent que jamais
• Sur le budget prévisionnel Les éléments chiffrés et les citations sont tous vérifiables pages 65 à 70 du dossier complémentaire présenté à la consultation du public. Ce prévisionnel pose de nombreuses questions :
• Un prévisionnel de deux ans pour un projet sur cinq ans ! Alors que le projet fait état d’un programme sur cinq ans, seules les années 2024 et 2025 sont détaillées, les trois années suivantes sont renvoyées à un improbable programme européen pour lequel nous ne disposons d’aucune information.
• Les porteurs seraient-ils déjà convaincus que leur projet n’a pas d’avenir ? • Est-ce bien sérieux ?
• Fausse transparence et manipulation des chiffres – Première manipulation : Le volet N°3 « mesures d’accompagnement du projet » n’est pas pris en compte dans les communications de la Préfecture et du PNR, pour qui les seuls volets 1 et 2 sont à considérer pour le calcul du coût du projet ! – Seconde manipulation : Plusieurs lignes de dépenses du budget ne sont pas prises en compte dans les totaux, comme si ces charges bien qu’inscrites et réelles, n’existaient pas. Un artifice d’écriture (chiffres en italique) accompagné d’une tentative d’explication tarabiscotée, justifiant aux yeux des rédacteurs ce tour de passe-passe. Le budget global se trouve de ce fait considérablement réduit et beaucoup plus présentable. En effet les médias faisant confiance au PNR ont annoncé des chiffres sans commune mesure avec la réalité. Pour 2024, 218 500€ repris par les médias, coût réel 1 081 500€. En 2025 bis repetita.
Sans commentaire. Des explications sérieuses seraient nécessaires !
• Des prévisions déjà sur la voie du dépassement Transport des oiseaux : Les prévisions 2024 sont d’ores et déjà engagées à 50 % pour 9 oiseaux, puisque 3 trajets en voiture vétérinaire prévus par période de capture pour rapatrier les oiseaux ont déjà été effectués. Sachant que 2 périodes de captures sont prévues par année, pour un prévisionnel de 60 000€ et qu’il faudra encore capturer 40 oiseaux pour réaliser le quota demandé et autorisé, chaque transport en voiture vétérinaire coûtant 10 000 Euros, soit une dépense de 60 000 Euros inscrite au budget pour 2024. Une règle de trois et vous obtiendrez aisément le montant du dépassement du budget transport déjà sensiblement élevé.
• Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? • Comment le PNR compte-t-il financer ce dépassement ?
• Postes de recettes hypothétiques Plusieurs lignes de dépenses sont équilibrées soit par du mécénat et une par cet improbable libellé : « financement à rechercher en lien avec Domaines Skiables de France » !!! Un tel niveau d’amateurisme laisse rêveur.
• Déjà, qui sont les mécènes ?
Le 13 mai 2024
SOS Massif des Vosges, Vosges Nature Environnement, Oiseaux Nature, Avenir et Patrimoine 88, Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne
Vous pouvez également contribuer en envoyant un chèque à l’ordre de SOS Massif des Vosges à l’adresse suivante : SOS Massif des Vosges 21, rue Erbersch – 68380 Mittlach N’oubliez pas d’indiquer au dos du chèque : « Grand Tétras«
Devant la volonté de la Préfecture des Vosges et du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges (PNRBV) de passer en force, nous n’avions plus d’autres solutions que celle de nous adresser à la justice. Ce que nous avons fait en déposant un recours d’urgence en référé pour suspendre l’opération de réintroduction du Grand tétras, et un recours sur le fond pour demander son annulation.
Le tribunal a considéré que notre requête était recevable mais que les éléments présentés n’étaient pas suffisamment graves pour justifier l’urgence, c’est à dire la suspension de l’arrêté de Madame la Préfète. Notre requête a donc été rejetée au motif que l’urgence n’était pas démontrée.
Toutefois le tribunal n’a pas tranché sur l’existence d’un doute sérieux sur la question de l’illégalité de l’arrêté de Madame la Préfète et du projet de réintroduction. Ces questions seront donc traitées lors du recours sur le fond que nous maintenons devant le Tribunal Administratif de Nancy.
Dans l’attente du jugement sur le fond qui interviendra dans quelques mois, nous restons plus que jamais mobilisés. Il est encore temps de se poser au moins une question et peut-être d’y apporter des éléments de réponses :
Pourquoi, alors que les parties en présence affirment toutes qu’elles ne poursuivent qu’un même objectif, celui de la préservation et du renforcement de la biodiversité et de la quiétude sur le massif, pourquoi donc, nous sommes-nous retrouvés devant un tribunal pour régler un différend ?
La réponse tient en quelques mots : sur le fond, l’ignorance et la non prise en compte systématique par les porteurs du projet des avis argumentés, successivement exprimés par les scientifiques, les associations de protection de la nature, les citoyens via la consultation publique. Sur la forme, la mise à l’écart systématique dans la construction du projet, des associations et des scientifiques qui exprimaient des points de vues et des arguments qui différaient de ceux du Parc Naturel Régional.
Cette méthode détestable, trop souvent et depuis trop longtemps employée par la direction du Parc a produit les conséquences que l’on observe aujourd’hui.
Nous pensons qu’il est encore possible de sortir par le haut de ce gâchis, et nous appelons à un dialogue sur le fond, en faveur d’un respect sans faille de la Nature et la prise de décisions fortes garantes de la préservation des écosystèmes vosgiens, de la quiétude des paysages et des citoyens, ce qui passe nécessairement par une limitation du sur-tourisme. Sur la forme, nous appelons à l’établissement d’une méthode de travail respectueuse qui n’exclut personne, sous la présidence d’une institution et/ou d’une personnalité incontestable, pour une relecture critique du projet.
En tout état de cause notre interpellation a permis le débat, l’a ouvert au plus grand nombre et a montré qu’au delà de cette problématique de la réintroduction d’une espèce en voie de disparition, il existe un intérêt marqué de nos concitoyens pour la préservation de la nature, de la biodiversité et pour le retour de la quiétude dans le massif.
Les institutions qui en ont la charge ne peuvent continuer à développer un discours d’affichage vertueux tout en imposant sans débat des décisions contraires aux principes qu’ils se donnent et aux objectifs qu’ils se fixent.
Le 26 avril 2024
SOS Massif des Vosges, Vosges Nature Environnement, Oiseaux Nature, Avenir et Patrimoine 88, Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne
Cinq associations vosgiennes déposent deux recours contre le projet, de la Préfecture et du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, de réintroduction du Grand Tétras dans le Massif des Vosges
Après avoir été durement critiqué et rejeté par la quasi totalité de la communauté scientifique lors de la première présentation du projet début 2023 (avis défavorable du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel puis du Conseil National de Protection de la Nature) ce projet fut selon ses rédacteurs revusur la base de ces avis, et aurait été substantiellement renforcé.
La préfète des Vosges et le PNRVB dans une conférence de presse ont tenté de justifier le projet « renforcé » d’introduction du grand tétras dans le massif vosgien.
La réalité est tout autre. Quelques modifications de surface accompagnées de nombreuses contre-vérités et déclarations d’intention sans effet font de ce « dossier complémentaire » le petit frère jumeau de son prédécesseur.
On peut en outre s’inquiéter du fait que les porteurs de ce dossier n’ont pas jugé utile de présenter le projet nouveau aux deux conseils scientifiques et on apprend dans le même temps l’existence d’un conseil scientifique spécialement crée pour l’occasion !
Nous ne revenons pas sur les nombreuses contre-vérités et les faiblesses de ce dossier qui ont été largement exposées par les scientifiques, les associations et des personnalités locales et nationales, ainsi que les nombreux citoyens qui ont répondu à la consultation publique organisée par la Préfecture. Consultation qui s’est terminée par un rejet massif et argumenté, 811 contributions défavorables sur un total de 957 réponses
Face à l’éventualité d’une catastrophe environnementale et financière annoncée, qualifiée par Vincent Munier de « bêtise vosgienne » nos associations ont décidé de déposer un recours en référé suspension devant le Tribunal Administratif de Nancy, et dans le même temps un recours en suspension de la capture des Grands Tétras devant les autorités norvégiennes.
Le 20 avril 2024
SOS Massif des Vosges,
Vosges Nature Environnement,
Oiseaux Nature,
Avenir et Patrimoine 88,
Paysage Nature et Patrimoine de la Montagne Vosgienne
Vous pouvez également contribuer en envoyant un chèque à l’ordre de SOS Massif des Vosges à l’adresse suivante : SOS Massif des Vosges 21, rue Erbersch – 68380 Mittlach N’oubliez pas d’indiquer au dos du chèque : « Grand Tétras«
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